Jeudi 8 juillet 2026, une manifestation féministe d’au moins 50 personnes s’est déroulée devant la mairie de Montpeyroux, à l’occasion du conseil municipal. Les manifestantes protestaient contre les propos sexistes tenus le 5 juin par un conseiller municipal, lors de la réunion des élus pour désigner les délégués municipaux chargés d’élire les sénateurs.
Des propos sexistes assumés
Ce jour-là, alors qu’une élue peinait à ouvrir l’urne, le conseiller lui avait lancé : “c’est comme les femmes, faut taper dessus”. Interrogé par deux élus d’opposition de la liste Montpeyroux Debout, il a répété ses propos devant l’assemblée et les a assumés. La maire, Pauline Curtan, a indiqué ne pas avoir entendu la phrase, car il s’agissait d’un aparté, et a souligné qu’aucun enregistrement n’existait puisque ce n’était pas un conseil municipal.
Réactions en chaîne
Les propos ont déclenché une polémique sur les réseaux sociaux, mobilisant les deux camps. Une tribune dans le bulletin municipal, dénonçant les propos, a été refusée par la maire, qui l’a jugée comme une “incitation à la haine” envers son conseiller. L’élu s’est excusé, mais a reçu le soutien de chasseurs, furieux de voir l’un des leurs attaqué.
Manifestation et contre-manifestation
Avant le conseil municipal, les soutiens de l’élu se sont rassemblés, notamment des chasseurs. De l’autre côté, un collectif féministe d’au moins 50 personnes a manifesté sous la halle du village, puis s’est dirigé vers la mairie. Des huées et invectives ont fusé, les manifestantes entonnant l’hymne du MLF “Debout, debout, debout”, tandis que les contre-manifestants répondaient par La Marseillaise.
Intervention des gendarmes
La maire a ouvert la séance, mais une jeune manifestante a été empêchée d’entrer et bousculée, ce qui a suspendu la séance. Les gendarmes sont intervenus pour ramener le calme. Dans un long préambule, Pauline Curtan a exposé les événements, indiquant que l’élu s’était excusé auprès de ses colistiers “lors d’une réunion à tête reposée”. Elle a rappelé que la municipalité “dénonce toute forme de violence envers les femmes, les enfants et les hommes”, tout en déplorant “des réactions virulentes face à une mauvaise blague” et le fait de faire d’un “événement isolé une polémique”.
Absolution collective
La maire s’est adressée directement aux deux élus d’opposition, Anaïs et Xavier, les rendant responsables de la dégradation de l’ambiance au village. Elle a lancé : “Eric, je te pardonne pour ta blague de mauvais goût. Anaïs et Xavier, je vous pardonne pour l’animosité creusée lors du dernier conseil”. Elle a appelé au dialogue, à l’écoute et au respect, sans donner la parole aux élus d’opposition. Le conseiller municipal serait par ailleurs la cible de remarques désobligeantes.



