Var : Lachenaud crée une unité de soins palliatifs unique
Var : unité de soins palliatifs unique à Lachenaud

L'établissement de santé Jean Lachenaud, situé à Fréjus dans le Var, vient d'obtenir de l'Agence régionale de santé (ARS) la mention spécialisée « système nerveux » et un agrément pour créer une unité de soins palliatifs (USP), unique sur l'agglomération. Cette double autorisation marque une étape importante dans le développement de cet établissement, qui passe du statut de centre de soins de suite et de réadaptation (SSR) à celui de centre de soins médicaux et de réadaptation (SMR), avec désormais trois mentions : « polyvalent », « gériatrie » et « système nerveux ».

Une réponse aux besoins du territoire

Le projet régional de santé a identifié un manque de prise en charge spécialisée pour les affections du système nerveux dans le Var-Est. « Le Var-Est avait besoin de cette mention “système nerveux” qui manquait pour prendre en charge les patients traités pour des AVC, la maladie de Parkinson ou la sclérose en plaques », explique Samuel Tailhades, directeur de l’établissement. « Historiquement, Lachenaud s’occupait de cette spécialité mais nous souhaitions aller plus loin et nous avons élaboré des conventions avec les hôpitaux de Fréjus, Cannes, Sainte-Anne de Toulon. Ça permet de structurer et proposer une prise en charge complète qui n’existait pas. Avant, il fallait aller à Cannes ou Toulon, mais maintenant, les patients n’auront plus besoin de partir loin de chez eux. »

L’établissement a également établi 70 conventions avec des neurologues de ville, kinésithérapeutes libéraux, orthophonistes et autres professionnels de santé pour assurer la continuité des soins après la sortie. « Ça demande des compétences, beaucoup de ressources humaines et nous recrutons du personnel diplômé, nous formons des collaborateurs et nous allons réaliser un plateau technique avec médecins, rééducateurs, orthophonistes, kinés, ergothérapeutes, assistants en activité physique adaptée, infirmiers, aides-soignants, neuropsychologues », poursuit le directeur, qui manage déjà 250 personnes.

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Un projet d’infrastructure ambitieux

Pour accompagner cette montée en compétence, Lachenaud prévoit la construction d’un centre de balnéothérapie de 900 m², une extension de l’espace kiné de 130 m², ainsi que des bureaux pour les consultations externes et une tisanerie. Le permis de construire a été obtenu en juin 2026. « Ce bassin de 135 m² sera également proposé aux kinés libéraux de ville », précise Samuel Tailhades. La balnéothérapie devrait sortir de terre en 2027 pour une livraison en 2029, représentant un investissement de près de quatre millions d’euros.

Par ailleurs, l’établissement étend sa capacité d’accueil en hôpital de jour, passant de huit à douze patients, afin de proposer une filière complète similaire à celle existante pour les patients Alzheimer. « Un interlocuteur unique intervient auprès du patient du début à la fin de la maladie pour une prise en charge adaptée à chaque moment de celle-ci, de façon la plus coordonnée possible », souligne le directeur.

Une unité de soins palliatifs de 11 chambres

Lachenaud, qui disposait déjà de lits identifiés « soins palliatifs », a obtenu il y a deux jours la structuration officielle de l’unité de soins palliatifs (USP) de l’agglomération, avec 11 places en hospitalisation complète et deux places en hospitalisation de jour. « Nous avons rénové une aile complète dotée de 11 chambres cosy avec du mobilier en bois et un salon des familles confortable afin de ne pas se sentir dans un environnement trop hospitalier. Il y a maintenant une équipe spécialisée avec des qualifications particulières en soins palliatifs », confie Samuel Tailhades.

L’ARS justifie sa décision en ces termes : « L’équipe pluridisciplinaire constituée, l’ancrage dans un département jusqu’ici dépourvu d’USP, les locaux disponibles et conformes, les perspectives d’un développement cohérent sur les trois niveaux de la filière répondent à un besoin territorial avéré et disposent des conditions de réussite nécessaires à sa pérennité. »

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Développement durable et autonomie énergétique

Lors d’une visite, le directeur général de la fédération des établissements hospitaliers et d’aide à la personne, Charles Guépratte, a salué les 700 panneaux solaires installés sur le site, qui permettent à l’établissement d’être autonome en électricité de 8 h à 18 h. « Tous les bâtiments étant climatisés, cette énergie renouvelable tend à minimiser l’impact carbone », note Samuel Tailhades. « Nous avons une vraie politique de développement durable. Nous fonctionnons 24h/24 et 7j/7, nous consommons donc beaucoup et nous voulions vraiment travailler de façon vertueuse ; nous étudions d’ailleurs à produire l’eau chaude et remplacer le gaz par l’électricité. »