Le président polonais Andrzej Duda a annoncé, le 17 juillet 2026, son veto à la loi légalisant les unions civiles pour les couples de même sexe, une décision qui plonge le pays dans une crise politique. La loi avait été adoptée par le Parlement polonais le 12 juillet, après des mois de débats intenses. Elle prévoyait la création d'un partenariat enregistré offrant des droits similaires au mariage, notamment en matière de succession, de fiscalité et de sécurité sociale.
Un veto motivé par la défense des valeurs traditionnelles
Dans un discours télévisé, Andrzej Duda a justifié son veto en affirmant que la loi "viole les principes constitutionnels et les valeurs chrétiennes qui fondent la nation polonaise". Il a déclaré : "Je ne peux pas accepter une législation qui redéfinit la famille et remet en cause l'ordre moral de notre société." Le président, issu du parti Droit et Justice (PiS), est un allié historique de l'Église catholique, qui avait appelé les députés à rejeter le texte.
Une victoire pour les conservateurs, une déception pour les militants LGBT
Les organisations de défense des droits LGBT+ ont vivement réagi, dénonçant "une discrimination institutionnalisée". Selon un sondage de l'institut CBOS, 54 % des Polonais étaient favorables à l'union civile, un chiffre en hausse de 12 points depuis 2020. La coalition au pouvoir, menée par le Premier ministre Donald Tusk, avait fait de cette loi une priorité de son programme. Le porte-parole du gouvernement, Jan Grabiec, a qualifié le veto de "coup dur pour l'égalité" et promis de tenter un nouveau vote à la majorité qualifiée des trois cinquièmes, nécessaire pour contourner le veto présidentiel.
Conséquences politiques et sociales
Ce veto intervient dans un climat de tensions croissantes entre le président et le gouvernement. Andrzej Duda, dont le mandat s'achève en 2027, a déjà utilisé son droit de veto à plusieurs reprises pour bloquer des réformes du gouvernement Tusk. La Pologne reste l'un des rares pays de l'Union européenne à ne reconnaître aucune forme d'union légale pour les couples homosexuels, avec seulement 7 % des Polonais déclarant connaître une personne homosexuelle, selon une étude de l'UE. Les militants prévoient des manifestations dans les prochains jours à Varsovie et dans d'autres grandes villes.



