Dix-huit employés de Médecins sans frontières (MSF) au Tchad ont été renvoyés pour « faute grave ». L’ONG leur reproche des faits d’exploitation et d’agression sexuelle rapportés par des femmes soudanaises réfugiées dans ce pays. Après avoir enquêté sur 59 allégations, l’existence de fautes graves a pu être établie pour 18 d’entre eux. « Ils sont désormais interdits de travailler pour MSF », indique l’organisation.
La guerre civile au Soudan, qui oppose l’armée aux paramilitaires des Forces de soutien rapide, a fait des dizaines de milliers de morts et déplacé plus de 12 millions de personnes selon l’ONU, notamment au Tchad voisin. Selon le Haut-Commissariat aux réfugiés, plus de 900 000 Soudanais ont trouvé refuge au Tchad depuis le début du conflit en avril 2023, et représentent une personne sur trois dans les provinces de l’est du pays.
De « graves allégations d’exploitation et d’abus sexuels » ont été formulées fin 2024 par des femmes réfugiées soudanaises à l’encontre de membres du personnel de MSF dans l’est du Tchad, affirme l’ONG. En réponse, MSF dit avoir « immédiatement déployé plusieurs équipes d’enquête afin de détecter et d’examiner de manière proactive les cas signalés ».
Auteurs ou victimes pas toujours identifiés
« Si certaines des 59 allégations ont été corroborées par cet examen, d’autres n’ont pas pu être vérifiées, notamment parce que ni les victimes ni les auteurs présumés n’ont pu être identifiés dans certains cas », ajoute l’organisation. « Lorsque les enquêtes ont établi l’existence de fautes graves, des mesures disciplinaires immédiates ont été prises ».
« Ces comportements constituent une violation grave des valeurs et des responsabilités de MSF, et nous regrettons profondément les préjudices causés », ajoute l’ONG. Elle assure poursuivre ses « efforts pour renforcer » ses « systèmes de prévention, de détection et de réponse » face à ces actes.



