Maroc : arrestation d'une figure du journalisme indépendant
Maroc : arrestation d'une figure du journalisme indépendant

Le journaliste indépendant marocain Omar Radi a été arrêté ce mardi 13 juillet à son domicile à Casablanca, selon des informations rapportées par plusieurs médias et confirmées par des sources proches du dossier. Cette arrestation intervient dans un contexte de répression croissante contre les voix critiques dans le pays.

Une figure emblématique du journalisme d'investigation

Omar Radi, 34 ans, est connu pour ses enquêtes sur les réseaux de corruption et les atteintes aux droits humains au Maroc. Il collaborait notamment avec le site d'information indépendant Hespress et avait déjà été condamné en 2020 à quatre mois de prison avec sursis pour "outrage à agent public". Son arrestation a été dénoncée par des organisations de défense des droits de l'homme, dont Reporters sans frontières (RSF), qui a estimé que "cette nouvelle arrestation illustre le climat de plus en plus répressif au Maroc" selon un communiqué.

Les accusations portées contre lui

Selon les autorités marocaines, Omar Radi est soupçonné d'"atteinte à la sécurité intérieure de l'État" et de "relations avec des services de renseignement étrangers". Ces accusations sont rejetées par ses avocats, qui dénoncent une procédure politique. "Il n'y a aucune preuve concrète, tout cela est basé sur des suppositions", a déclaré Me Mohamed Aouini, l'un de ses avocats, cité par l'agence de presse marocaine MAP.

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Un contexte de tensions

Cette arrestation survient alors que le Maroc a récemment adopté une loi sur la cybersécurité qui restreint la liberté d'expression en ligne. Selon un rapport de RSF publié en 2020, le Maroc est classé 133e sur 180 pays en matière de liberté de la presse. En 2019, le journaliste Ali Anouzla avait été condamné à quatre ans de prison pour des accusations similaires.

La communauté internationale a réagi rapidement. L'ambassade des États-Unis au Maroc a exprimé sa "préoccupation" dans un tweet, appelant à "un procès équitable et transparent". De son côté, l'Union européenne a déclaré suivre l'affaire de près.

Des précédents inquiétants

Omar Radi n'est pas le premier journaliste indépendant à être arrêté au Maroc. En 2020, le journaliste Soulaimane Raissouni avait été condamné à cinq ans de prison pour "violation de la décence publique". En 2019, le journaliste Hicham Mansouri avait été arrêté et condamné à un an de prison pour "diffusion de fausses informations". Ces affaires ont suscité des critiques internationales.

Selon un communiqué de l'ONG Amnesty International, "les autorités marocaines utilisent des lois répressives pour réduire au silence les voix critiques". L'organisation a appelé à la libération immédiate d'Omar Radi.

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