Léon XIV face aux sujets qui fâchent : femmes, intégrisme, pédocriminalité
Léon XIV : femmes, intégrisme, pédocriminalité

Le pape Léon XIV, élu en 2025, a choisi de s'attaquer directement aux sujets qui fâchent au sein de l'Église catholique. Dans une interview accordée à Vatican News, il a abordé la place des femmes, la montée de l'intégrisme et la pédocriminalité, trois dossiers sensibles qui marquent son pontificat. Selon le Vatican, le souverain pontife souhaite engager des réformes profondes pour répondre aux attentes des fidèles et aux critiques de la société.

Une place élargie pour les femmes dans l'Église

Léon XIV a réaffirmé sa volonté de confier davantage de responsabilités aux femmes au sein de la curie romaine et des diocèses. Il a cité l'exemple de sœur Nathalie Becquart, sous-secrétaire du synode des évêques, comme symbole de cette ouverture. Selon lui, « les femmes doivent participer pleinement aux processus de décision, sans pour autant remettre en cause la tradition sacerdotale ».

Cette position intervient après des décennies de débats internes. Une enquête menée en 2023 par le Pew Research Center indique que 72 % des catholiques français soutiennent l'ordination de femmes diacres. Toutefois, le pape a précisé que cette question n'était pas à l'ordre du jour, préférant se concentrer sur des postes de direction et de gouvernance.

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Lutter contre l'intégrisme et le traditionalisme excessif

Le pape a également mis en garde contre les dérives intégristes qui, selon lui, « dénaturent l'Évangile et éloignent les fidèles ». Il a dénoncé les communautés qui s'isolent et refusent le dialogue avec le monde moderne. Cette déclaration fait suite à la mise en place de contrôles plus stricts sur les communautés traditionalistes, notamment celles liées à la Fraternité Saint-Pie-X, qui compte environ 600 000 membres dans le monde.

Léon XIV a appelé à une « pastorale de l'écoute » et à un « retour à l'essentiel de la foi ». Il a également évoqué la nécessité de former les séminaristes à une théologie ouverte, en phase avec les enjeux contemporains.

Pédocriminalité : une politique de tolérance zéro

Le dossier le plus délicat reste celui de la pédocriminalité. Le pape a réaffirmé sa détermination à poursuivre les réformes engagées par son prédécesseur, François. Il a annoncé la création d'une commission permanente chargée de vérifier les antécédents des candidats à la prêtrise et de signaler tout abus aux autorités civiles. Selon les chiffres du Vatican, 1 200 prêtres ont été défroqués entre 2018 et 2023 pour des cas de pédocriminalité.

« Il n'y a pas de place pour les abuseurs dans l'Église », a-t-il déclaré, avant d'ajouter que les victimes doivent être « au centre de nos préoccupations ». Des associations de victimes, comme l'association française Parler et Revivre, ont salué ces déclarations tout en réclamant des actes concrets, notamment la levée du secret pontifical dans les procédures canoniques.

Un pontificat sous le signe de la réforme

Ces prises de position s'inscrivent dans une dynamique de réforme qui caractérise le début du pontificat de Léon XIV. Selon un sondage Ipsos réalisé en janvier 2025, 68 % des catholiques français jugent que l'Église doit évoluer sur ces questions. Le pape semble déterminé à répondre à cette attente, malgré les résistances internes.

« Nous devons être une Église qui écoute, qui accompagne, qui soigne les blessures », a-t-il conclu. Une ligne directrice qui pourrait marquer durablement son mandat, mais qui devra composer avec les conservateurs, encore influents au sein de la curie. Le prochain consistoire, prévu en septembre, sera l'occasion de mesurer la portée de ces réformes.

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