Lettre ouverte à Barrot : la complaisance envers Israël doit cesser
Lettre ouverte à Barrot : complaisance envers Israël à cesser

Dans une lettre ouverte au ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, l'eurodéputé écologiste Mounir Satouri dénonce la complaisance persistante de la France à l'égard d'Israël. Il s'interroge sur l'utilité d'avoir reconnu l'État palestinien si Paris se montre réticent à accueillir ses ressortissants et ne réagit pas face aux actions du gouvernement israélien à Gaza, en Cisjordanie et au Sud-Liban.

Des visas refusés aux artistes et défenseurs palestiniens

Satouri rappelle plusieurs cas récents. La réalisatrice palestinienne Dima Youssef Hasan Yasin, bien que munie d'un visa valide, a été retenue 24 heures au centre de rétention de Roissy après le Festival de Cannes. Le réalisateur Mohammed Alshareef, invité à présenter son film, s'est vu refuser l'entrée en France. Shawan Jabarin, dirigeant d'Al-Haq, a également essuyé un refus de visa Schengen pour des raisons de sécurité, malgré une décision du tribunal administratif en sa faveur. Safaa Odah, dessinatrice de Cartooning for Peace, attend toujours son visa, tout comme 20 autres lauréats du Programme Pause. 750 universitaires et artistes ont lancé un appel resté sans réponse.

Violences contre la flottille Sumud

Le député évoque aussi l'interception de la flottille Sumud par Israël en eaux internationales, avec 430 personnes kidnappées. Le ministre israélien Itamar Ben Gvir s'est vanté de leur avoir infligé violences et traitements dégradants, dont des viols. Satouri déplore l'absence de réaction ferme de la France face à ces actes, ainsi que face aux tortures subies par les prisonniers palestiniens. Si la France a finalement interdit l'entrée à Ben Gvir le 23 mai, cette décision tardive a été accompagnée d'une condamnation de la flottille et d'une tentative de dédouaner Benyamin Netanyahou.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

La France, frein à la solidarité avec la Palestine

Satouri, en tant que président de la sous-commission Droits de l'Homme du Parlement européen, constate que la France est l'un des pays européens les plus opposés à la solidarité avec le peuple palestinien. Elle freine à Bruxelles les mesures nécessaires pour contraindre Israël à respecter le droit international. Il appelle le gouvernement français à se prononcer pour la suspension de l'accord d'association UE-Israël, l'arrêt des exportations d'armes, l'interdiction des importations des colonies, des poursuites contre les colons et soldats binationaux, des sanctions contre les dirigeants israéliens, et l'adoption d'un blocking statute pour protéger la CPI.

Satouri conclut que cette complaisance indigne le pays des Droits de l'Homme et nuit à sa place dans le monde, alors que la France et l'Europe ont besoin d'alliés face aux menaces de Donald Trump, Vladimir Poutine et Xi Jinping.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale