Islamophobie et LGBT : le déni des militants face à la haine islamiste
Le déni des militants LGBT face à la haine islamiste

La haine islamiste envers les personnes LGBT est un phénomène documenté, mais certains militants refusent de le reconnaître, par crainte de nourrir l'islamophobie. Cette posture divise la communauté LGBT et interroge sur les priorités politiques.

Un tabou persistant

Selon une enquête de l'Ifop réalisée en 2023, 68% des musulmans pratiquants en France estiment que l'homosexualité est contraire à leur religion, contre 24% dans l'ensemble de la population. Pourtant, plusieurs associations LGBT peinent à dénoncer ces chiffres, de peur d'être accusées de racisme.

« Nous assistons à une forme de censure au sein même de nos rangs, explique un porte-parole de l'association Le Refuge. Certains activistes préfèrent taire les violences homophobes issues de l'islamisme pour ne pas fragiliser le front antiraciste. »

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Une opposition croissante

Cette position est de plus en plus contestée. Des intellectuels et des militants appellent à ne pas sacrifier la lutte contre l'homophobie sur l'autel de l'antiracisme. « On ne peut pas combattre une oppression tout en en ignorant une autre », affirme l'essayiste Caroline Fourest dans un entretien au Point.

En 2021, le meurtre de deux hommes gays à Avignon par un homme se réclamant de l'islam a ravivé les débats. Des manifestations ont eu lieu, mais certaines associations LGBT ont refusé de qualifier l'acte d'islamiste, préférant parler de « violence de genre ».

Des conséquences concrètes

Ce déni a des conséquences pour les victimes. « Les jeunes homosexuels issus de l'immigration se retrouvent souvent sans soutien, explique un psychologue spécialisé. Leurs communautés d'origine les rejettent, mais le milieu militant ne leur offre pas non plus de refuge, car il minimise la menace. »

En octobre 2022, une marche des fiertés à Paris a été marquée par une polémique : un groupe d'activistes a tenté d'empêcher la présence d'un drapeau israélien, arguant que cela offenserait les Palestiniens. Des voix se sont élevées pour dénoncer une dérive : « La lutte contre l'antisémitisme et l'homophobie ne devrait pas être subordonnée à des causes politiques », a déclaré un responsable d'Inter-LGBT.

Vers une prise de conscience ?

Face aux critiques, certaines associations commencent à évoluer. Une charte contre l'homophobie dans les quartiers a été adoptée par plusieurs municipalités, mais sa mise en œuvre reste difficile. « Il faut oser dire que l'islamisme est une menace pour les droits LGBT, tout en luttant contre les discriminations envers les musulmans », conclut un rapport du Conseil d'État.

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