Sur les réseaux sociaux, des passionnés partagent des vidéos créées par intelligence artificielle, animant des images du passé niçois. Yves Mirtillo, ancien photographe de 67 ans, a déjà réalisé près de 300 vidéos à partir de cartes postales et vieilles photos. « J'ai commencé pour mon plaisir à partir de cartes postales ou de vieilles photos que j'avais emmagasinées en travaillant avec l'Institut d'Études Niçoises », raconte-t-il.
Un passionné d'histoire et d'IA
Yves Mirtillo utilise l'outil Vidu AI pour animer ses images. « Je lui donne un prompt, par exemple d'animer le tramway et les personnes qui marchent, avec un mouvement de caméra fluide », explique-t-il. Sa période de prédilection s'étend des années 1850 aux années 1920-1930, ce qu'il appelle « les cinquante glorieuses à Nice », quand les fortunes affluent et font venir des artisans de Toscane et du Piémont. Il partage ses créations sur X (@V8prod06Y) et sur sa page Facebook « M'en bati sieu nissart ».
Des images d'époque animées
Ses vidéos, d'une dizaine de secondes en moyenne, mettent en scène des scènes variées : le casino de la Jetée-Promenade construit en 1882 et détruit en 1944, des bugadières lavant le linge dans le Paillon, la construction de la basilique Notre-Dame, le premier pont en bois sur le Var, ou encore les cigalusa, ouvrières de la Manufacture des Tabacs de Riquier qui employait jusqu'à 800 personnes à la fin du XIXe siècle. « Parfois, il y a des erreurs parce que l'intelligence artificielle a tendance à recréer des choses qui n'existent pas, mais ça peut se corriger avec des logiciels de montage. C'est impressionnant tout ce qu'on peut faire, et on n'est qu'au début de l'intelligence artificielle », s'enthousiasme Yves Mirtillo.
Un marché en pleine expansion
Frédéric Viau-Davodeau, à la tête d'une agence de communication de sports mécaniques à Rochefort-sur-Mer, va plus loin. Via sa société Askotts Digital Studio, il propose des vidéos clé en main faisant revivre le passé, en utilisant un moteur open source d'IA local, plus écologique. « On a commencé à recréer des décors, ajouter des personnages, des véhicules d'époque. Les mairies sont intéressées, le marché commence à décoller gentiment », explique-t-il. Il réalise des courts-métrages de 2 à 3 minutes, avec ou sans voix off, destinés aux collectivités, aux entreprises et aux écoles. « C'est sans prétention historique, on recrée une ambiance, mais rien n'est inventé : les décors sont 100% réels », précise-t-il.
Des projets prometteurs
Askotts Digital Studio a publié une vidéo de 5 minutes sur le Nice d'antan et négocie avec une grande ville de la Côte d'Azur, une Principauté, deux villes du grand ouest et Berlin. « C'est long à finaliser car c'est nouveau, il faut régler les problèmes de distribution et de cession des droits », note Frédéric Viau-Davodeau. Sur sa chaîne YouTube, on trouve aussi des vidéos de Saint-Jean-d'Angély, La Baule, Saint-Nazaire ou Ancenis. « L'IA ouvre tellement d'horizons… », conclut-il, enthousiaste.



