Ce soir, le pape Léon XIV rencontrera à huis clos sept victimes de pédocriminalité dans l'Église, une étape cruciale de sa visite de quatre jours en France. Le groupe, constitué par la Conférence des évêques de France (CEF), comprend notamment une personne agressée par l'abbé Pierre.
Un dossier toujours brûlant
Le pape est très attendu sur ce sujet. Ce dimanche, il a encouragé les évêques français à « poursuivre » leur action face au « douloureux fléau » de la pédocriminalité. Le dossier reste sensible, cinq ans après le rapport qui estimait à 330 000 le nombre de victimes mineures depuis 1950.
La CEF a constitué ce groupe de sept victimes avec une volonté de « représentativité la plus juste possible » entre hommes et femmes, victimes mineures ou majeures au moment des faits, et différents lieux d'agression, selon le porte-parole de la CEF Pierre-Antoine Bozo. Seuls cinq des sept victimes ont accepté de révéler leur identité.
Les victimes identifiées
Jean-Marie Delbos, 80 ans, agressé vers l'âge de dix ans dans les années 50 par le curé Henri Lamasse à Notre-Dame de Bétharram, compte réclamer au pape la dissolution de la congrégation religieuse qui gérait l'établissement. Bertrand Virieux, abusé enfant par le prêtre Bernard Preynat alors qu'il était scout, a cofondé en 2015 l'association lyonnaise « La Parole Libérée ». Le père Preynat, condamné en 2020 à cinq ans de prison, est mort en 2024.
Véronique Garnier, agressée à 13 ans par le prêtre de sa paroisse, a rompu le silence en 2017 dans un livre. Elle est aujourd'hui coresponsable d'un service de protection des mineurs dans le diocèse d'Orléans. Jérôme Guillement, 43 ans, le plus jeune du groupe, a été agressé par un prêtre vendéen et a raconté son parcours dans plusieurs ouvrages. Olivier Mardi, cofondateur du collectif « Voix Libérées de Touraine », a été agressé dans les années 1970 au sein de la chorale des Petits Chanteurs de Touraine. L'abbé Bernard Tartu a été reconnu coupable en 2024 de viols et agressions sur au moins 21 enfants.
Deux victimes restées anonymes
Le communiqué commun des sept précise que deux victimes sont restées anonymes, dont l'une agressée par l'abbé Pierre, figure de l'Église et de l'humanitaire visée depuis 2024 par plusieurs témoignages. Cette rencontre à huis clos marque une étape importante dans la gestion du dossier par l'Église de France.