Iran : deux nouvelles exécutions pour participation aux manifestations
Iran : deux exécutions pour participation aux manifestations

Deux nouvelles exécutions ont eu lieu en Iran, portant à 1 639 le nombre de personnes exécutées dans le pays en 2025, un record depuis 1989 selon les ONG Iran Human Rights et Ensemble contre la peine de mort (ECPM). Les deux hommes, dont les noms n'ont pas été divulgués, ont été pendus pour leur participation aux manifestations antigouvernementales de décembre et janvier, a rapporté l'agence Mizan Online, organe du pouvoir judiciaire iranien.

Des charges de « guerre contre Dieu »

Selon Mizan Online, les deux hommes ont été inculpés de « moharebeh (guerre contre Dieu) pour avoir brandi des armes et semé la peur et la terreur », ainsi que de « corruption sur terre pour avoir commis des actes qui ont gravement perturbé l'ordre public et la sécurité dans le pays ». Ces charges sont fréquemment utilisées par le régime iranien pour justifier la peine de mort dans le cadre de la répression des contestations.

Les manifestations, déclenchées en décembre après l'offensive américano-israélienne contre l'Iran le 28 février, ont fait plus de 3 000 morts, selon les autorités iraniennes. Le pouvoir impute ces violences à des « actes terroristes » orchestrés par les États-Unis et Israël. Les ONG basées à l'étranger, quant à elles, évoquent une répression ayant fait des milliers de morts, sans distinction entre manifestants et forces de sécurité.

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Une escalade de la répression

Depuis le début du conflit, les exécutions se sont multipliées en Iran. Selon Amnesty International, l'Iran est le deuxième pays au monde pour le recours à la peine capitale, après la Chine. En 2025, au moins 1 639 personnes ont été exécutées, un chiffre jamais atteint depuis 1989. Les ONG Iran Human Rights et ECPM, basées respectivement en Norvège et à Paris, ont souligné que la majorité des exécutés avaient été condamnés pour leur participation aux manifestations.

L'Organisation des Nations unies a également exprimé son inquiétude face à la recrudescence des exécutions en Iran. Le Haut-Commissariat aux droits de l'homme a appelé Téhéran à cesser ces pratiques et à respecter le droit à un procès équitable. Cependant, le pouvoir judiciaire iranien continue de justifier ces peines par la nécessité de maintenir l'ordre et la sécurité.

Des procès expéditifs

Les deux hommes exécutés n'ont pas eu accès à une défense adéquate, selon des avocats iraniens cités par des ONG. Leurs procès se sont tenus à huis clos, sans possibilité d'appel. Les charges retenues contre eux reposaient sur des « aveux » obtenus sous la torture, selon des témoignages recueillis par Iran Human Rights. Le régime iranien n'a pas commenté ces allégations.

La communauté internationale a condamné ces exécutions. Les États-Unis et l'Union européenne ont dénoncé une « violation flagrante des droits humains » et ont appelé à des sanctions contre les responsables iraniens. La France, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, a qualifié ces exécutions de « barbares » et a exigé leur arrêt immédiat. Malgré ces pressions, Téhéran semble déterminé à poursuivre sa politique de répression.

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