Naama Asfari, militant indépendantiste sahraoui emprisonné au Maroc, a annoncé la suspension de sa grève de la faim entamée il y a 35 jours, selon un communiqué de son comité de soutien. Cette décision fait suite à des négociations avec les autorités marocaines, qui ont accepté de le transférer vers un hôpital civil pour des soins médicaux.
Un geste de protestation pour des soins médicaux
Naama Asfari, membre du Front Polisario et figure de la lutte pour l'indépendance du Sahara occidental, avait entamé cette grève de la faim pour dénoncer ses conditions de détention et réclamer un accès à des soins médicaux appropriés. Son état de santé s'était dégradé au fil des semaines, suscitant l'inquiétude de ses proches et des organisations de défense des droits humains.
Selon son avocat, Me Mohamed Ziane, les discussions avec les autorités pénitentiaires ont abouti à un accord garantissant un suivi médical régulier. « Mon client a accepté de suspendre sa grève de la faim en raison de cet engagement, mais il reste déterminé à poursuivre son combat pour la liberté du Sahara occidental », a-t-il déclaré.
Un contexte politique tendu
Cette affaire intervient dans un climat de tensions persistantes autour du statut du Sahara occidental, territoire disputé entre le Maroc et les indépendantistes sahraouis. Le Maroc contrôle la majeure partie du territoire, tandis que le Front Polisario réclame un référendum d'autodétermination. Naama Asfari, emprisonné depuis 2019, est considéré comme un prisonnier politique par les organisations de défense des droits de l'homme.
Sa grève de la faim avait attiré l'attention de la communauté internationale. L'ONU et plusieurs ONG avaient appelé les autorités marocaines à respecter ses droits fondamentaux. La suspension de la grève est perçue comme une évolution positive, mais les militants craignent que cela ne marque qu'un répit temporaire.
Réactions et perspectives
Le comité de soutien à Naama Asfari a salué cette décision tout en rappelant que la lutte continue. « Nous restons vigilants quant à la mise en œuvre de l'accord. Naama doit être soigné dignement et libéré », a affirmé un porte-parole. De son côté, le gouvernement marocain n'a pas commenté officiellement l'accord, mais des sources proches des négociations évoquent une volonté d'apaisement.
Cette suspension intervient alors que les discussions sur le Sahara occidental sont au point mort. Les espoirs d'une reprise des pourparlers sous l'égide de l'ONU restent faibles. Naama Asfari, lui, poursuivra son combat, bien que sa santé soit fragilisée par 35 jours de jeûne.



