Christophe Gleizes détenu en Algérie depuis 400 jours : un rapt d'État
Gleizes détenu 400 jours en Algérie : rapt d'État

Le chercheur franco-algérien Christophe Gleizes est incarcéré en Algérie depuis 400 jours. Ses proches et plusieurs organisations de défense des droits de l'homme dénoncent une détention arbitraire qu'ils qualifient de « rapt d'État ». Cette affaire, qui dure depuis plus d'un an, suscite une vive inquiétude quant au respect des droits fondamentaux en Algérie.

Une détention prolongée sans procès équitable

Christophe Gleizes, âgé de 58 ans, a été arrêté à son domicile à Alger le 15 février 2023. Depuis, il est détenu dans des conditions jugées préoccupantes par sa famille et ses avocats. Selon ses proches, il n'a toujours pas été présenté à un juge d'instruction, ce qui constitue une violation des procédures légales algériennes. « Nous sommes face à une détention arbitraire, sans fondement juridique solide », a déclaré son avocat, Me Abdelghani Boudjema.

Le chercheur, spécialiste des questions de sécurité et de terrorisme, était connu pour ses analyses critiques sur les politiques sécuritaires de la région. Son arrestation intervient dans un contexte de répression accrue contre les voix dissidentes en Algérie.

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Un « rapt d'État » dénoncé par la société civile

Le comité de soutien à Christophe Gleizes, créé par des universitaires et des militants des droits de l'homme, a publié un communiqué dénonçant « un rapt d'État » et appelant à sa libération immédiate. « Cette affaire est un signal extrêmement inquiétant pour la liberté académique et les droits de l'homme en Algérie », a affirmé le comité dans son texte.

Plusieurs ONG internationales, dont Amnesty International et Human Rights Watch, ont également exprimé leur préoccupation. Elles réclament que les autorités algériennes respectent les garanties légales et informent clairement des motifs de la détention.

Les autorités algériennes gardent le silence

Face à ces accusations, les autorités algériennes n'ont pas communiqué officiellement sur le dossier. Cette opacité nourrit les craintes d'une instrumentalisation de la justice à des fins politiques. « Le silence des autorités est assourdissant », a déploré un proche du chercheur.

La famille de Christophe Gleizes, qui vit entre la France et l'Algérie, a lancé une pétition en ligne qui a recueilli plus de 20 000 signatures. Elle demande l'intervention des autorités françaises pour obtenir des nouvelles régulières et un procès équitable.

Une affaire aux répercussions diplomatiques

Cette détention a des répercussions sur les relations franco-algériennes, déjà marquées par des tensions récurrentes. Le ministère français des Affaires étrangères a indiqué suivre le dossier avec attention et avoir évoqué le cas lors de réunions bilatérales. « Nous restons mobilisés pour le respect des droits de notre ressortissant », a déclaré un porte-parole du Quai d'Orsay.

Pour l'instant, aucune issue ne semble se dessiner. Les proches de Christophe Gleizes redoutent un enlisement de la situation, comme cela a été le cas pour d'autres Français détenus en Algérie. Ils appellent à une mobilisation internationale pour faire pression sur Alger.

Une communauté académique en émoi

Dans le monde universitaire, cette affaire a provoqué une onde de choc. Plusieurs universités françaises et internationales ont signé une tribune appelant à la libération de leur confrère. « La détention de Christophe Gleizes est une atteinte à la liberté de recherche », ont-ils écrit.

Le chercheur, qui a publié plusieurs ouvrages sur le terrorisme et la géopolitique du Maghreb, est considéré comme une référence dans son domaine. Sa disparition des radars académiques prive la communauté scientifique d'une voix importante.

En attendant, l'inquiétude grandit. Le 400e jour de détention a été marqué par un rassemblement devant l'ambassade d'Algérie à Paris, où des manifestants ont exigé « la libération immédiate de Christophe Gleizes ». Un symbole fort, alors que la communauté internationale observe avec attention l'évolution de ce dossier.

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