Le Parquet national antiterroriste (PNAT) a annoncé l'ouverture d'une nouvelle enquête pour actes de torture et de barbarie à la suite de l'abordage de la flottille humanitaire pour Gaza par les forces israéliennes en mai 2010. Cette décision fait suite à une plainte déposée par des rescapés français de l'incident.
Une enquête pour actes de torture
L'enquête, confiée à la police judiciaire, vise à déterminer si des actes de torture ont été commis à l'encontre de passagers français lors de l'interception du navire Mavi Marmara. Le PNAT précise que les faits dénoncés pourraient constituer des crimes relevant de la compétence des juridictions françaises.
Selon le communiqué du parquet, cette enquête fait suite à une plainte déposée en 2020 par plusieurs rescapés français, qui affirment avoir subi des sévices graves après avoir été capturés par les commandos israéliens. Les plaignants décrivent des passages à tabac, des électrochocs et des menaces de mort.
Les faits reprochés
L'incident remonte au 31 mai 2010, lorsque la flottille humanitaire, composée de six navires transportant des militants et de l'aide humanitaire, a été interceptée par la marine israélienne dans les eaux internationales. L'abordage du Mavi Marmara a fait neuf morts parmi les militants turcs et plusieurs blessés.
Les plaignants français, qui faisaient partie de la flottille, affirment avoir été détenus dans des conditions inhumaines et avoir subi des tortures psychologiques et physiques. L'un d'eux a déclaré : « Nous avons été traités comme des criminels, battus et humiliés pendant des heures. »
Une précédente enquête classée
Une première enquête ouverte par le parquet de Paris en 2010 avait été classée sans suite en 2015, faute d'éléments suffisants. Cependant, les plaignants ont réussi à obtenir la réouverture du dossier grâce à de nouveaux témoignages et preuves.
Le PNAT souligne que cette nouvelle enquête ne préjuge en rien de la culpabilité des auteurs présumés. Elle vise à faire la lumière sur des faits qui pourraient constituer des crimes de droit international.
Réactions et contexte
L'ouverture de cette enquête a été saluée par les organisations de défense des droits de l'homme, qui dénoncent depuis longtemps l'impunité des auteurs de ces actes. « C'est une étape importante pour la justice », a commenté un porte-parole de la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH).
Israël a toujours justifié l'interception de la flottille comme une mesure de sécurité nécessaire pour empêcher une rupture du blocus de Gaza. Le gouvernement israélien n'a pas réagi à l'annonce de cette nouvelle enquête.



