Donner naissance n'est pas qu'une affaire individuelle
Donner naissance n'est pas qu'une affaire individuelle

Dans une tribune publiée par Libération, la géographe Clélia Gasquet-Blanchard défend l'idée que donner naissance à un enfant ne relève pas uniquement d'un choix individuel. Selon elle, la procréation est un acte profondément social et politique, qui engage la collectivité dans son ensemble.

Un acte collectif plutôt qu'individuel

Gasquet-Blanchard, chercheuse spécialiste des questions de reproduction, estime que la vision contemporaine de la procréation comme une affaire privée est trompeuse. Elle rappelle que les conditions de la naissance – accès aux soins, congé parental, modes de garde – dépendent largement des politiques publiques et des normes sociales. "Donner naissance n'est pas qu'une affaire individuelle, c'est un événement qui implique la société tout entière", écrit-elle.

La géographe souligne que l'individualisation de la procréation, portée par les discours néolibéraux, masque les inégalités structurelles. Les femmes, en particulier, subissent des pressions contradictoires : être mères tout en réussissant professionnellement, sans soutien suffisant de l'État.

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Des inégalités persistantes

Gasquet-Blanchard cite des chiffres pour appuyer son propos : en France, 30 % des familles monoparentales vivent sous le seuil de pauvreté, et les congés parentaux restent inégalement répartis entre hommes et femmes. "La charge mentale et matérielle de la parentalité repose encore majoritairement sur les femmes", note-t-elle. Selon une étude récente, 60 % des mères déclarent avoir réduit leur temps de travail après une naissance, contre seulement 10 % des pères.

La chercheuse appelle à repenser la procréation comme un bien commun, nécessitant une solidarité collective. "Il est urgent de sortir du mythe de l'individu autonome et de reconnaître que chaque naissance est le fruit d'un tissu social et matériel", insiste-t-elle.

Des pistes pour une politique de la naissance

Pour remédier à ces inégalités, Gasquet-Blanchard propose plusieurs mesures : un congé parental plus long et mieux rémunéré, des services de garde d'enfants accessibles à tous, et une reconnaissance du travail de soin. Elle plaide également pour une éducation à la parentalité dès l'école, afin de déconstruire les stéréotypes de genre.

"La naissance est un acte politique qui engage la responsabilité collective", conclut-elle. La tribune de Gasquet-Blanchard s'inscrit dans un débat plus large sur la place de l'individu dans la société, entre autonomie et solidarité.

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