Le comité de défense de Sinjil, créé il y a plusieurs années, barre la route aux colons israéliens qui tentent de s'emparer des terres. « Sans notre comité, les colons seraient déjà installés devant notre mairie », confie un habitant membre du groupe.
Une mobilisation constante face aux incursions
Depuis le début de l'année, les colons israéliens ont multiplié les incursions dans ce village de Cisjordanie. Selon le comité, plus de trente tentatives d'installation ont été recensées, dont une dizaine ont nécessité une intervention urgente des habitants. Les colons arrivent souvent la nuit, protégés par l'armée israélienne.
Les villageois ont mis en place un système de veille : des groupes de jeunes patrouillent, des appels téléphoniques sont lancés pour alerter la population. « Nous avons des procédures bien rodées », explique un coordinateur. Chaque fois, les habitants se rassemblent pour empêcher l'installation de caravanes ou de tentes.
Des affrontements réguliers
Les heurts sont fréquents. En juin, une confrontation a blessé trois Palestiniens. Le comité dénonce la passivité des autorités israéliennes, qui facilitent souvent la progression des colons. « L'armée nous interdit de nous approcher, mais elle autorise les colons à s'installer », déplore un responsable local.
Le village de Sinjil, situé près de Ramallah, est particulièrement exposé. Les colons cherchent à étendre les avant-postes voisins. Selon des ONG, le nombre de colons en Cisjordanie a augmenté de 5% au premier semestre 2026.
Un comité soutenu par les autorités palestiniennes
Le comité de défense de Sinjil bénéficie du soutien logistique et financier de l'Autorité palestinienne. « Mais nous restons avant tout une initiative citoyenne », insiste son porte-parole. Les villageois collectent des fonds pour acheter des projecteurs, des talkies-walkies et des véhicules.
D'autres villages de la région tentent de suivre cet exemple. « Nous avons partagé notre expérience avec nos voisins de Turmus Ayya et de Qaryut », indique le comité. Chaque réussite est célébrée : quand une tentative de colonisation échoue, les habitants organisent une petite fête.
Impact sur la vie quotidienne
La menace permanente pèse sur les activités agricoles. De nombreux terrains sont inaccessibles car trop proches des colonies. Le comité a cartographié les zones les plus vulnérables et conseille les agriculteurs. « Mon champ est à 500 mètres d'une colonie. Je n'ose plus y aller seul », raconte un paysan.
Les enfants aussi sont touchés. L'école du village est parfois contournée par des colons armés, instillant la peur. Des parents ont formé des groupes pour accompagner les élèves. « Nous ne voulons pas que nos enfants grandissent dans la peur », affirme une mère.
Malgré les difficultés, les habitants de Sinjil restent déterminés. « Nous défendons notre terre, notre maison. Rien ne nous fera partir », conclut le membre du comité. Une lutte de longue haleine, dans un contexte de tensions croissantes en Cisjordanie.



