Le débat en séance plénière du Sénat au Brésil s'est achevé en moins de deux minutes. Mardi, les sénateurs ont approuvé un texte qui complique l'accès à l'avortement pour les adolescentes victimes de viol. Ce texte, déjà adopté par la Chambre des députés, annule une norme du Conseil national des droits de l'enfant et de l'adolescent (Conanda), un organisme gouvernemental chargé de la prise en charge des jeunes victimes de violences sexuelles et de la garantie de leurs droits.
Une norme protectrice annulée
La règle annulée mettait l'accent sur la primauté de l'intérêt des victimes. En cas de désaccord entre les mineures et leurs parents ou responsables, celles-ci pouvaient bénéficier d'une assistance juridique gratuite pour faire valoir leurs droits, notamment pour interrompre une grossesse. Ce point était vivement critiqué par les conservateurs. Avant son entrée en vigueur, le texte doit franchir une dernière étape au Congrès, contrôlé par des alliés de l'ex-président d'extrême droite Jair Bolsonaro et par d'autres forces conservatrices.
Rôle des parents versus protection des adolescentes
La sénatrice de droite Damares Alves a déclaré que la règle « néglige le rôle et affaiblit le pouvoir des parents et des responsables pour décider de la prise en charge des filles et des adolescentes » qui ont subi des violences sexuelles. De son côté, le Conanda a dénoncé une « grave régression » et « une défaite historique » dans la protection globale des filles et des adolescentes au Brésil.
Rappelons que le Code pénal brésilien autorise l'avortement en cas de viol, de risque de mort de la femme enceinte ou de malformation cérébrale du fœtus. En dehors de ces exceptions, l'avortement est passible de quatre ans de prison.



