Le parquet du travail brésilien a secouru une femme de 62 ans qui vivait dans une situation d'esclavage domestique depuis 55 ans. La victime, qui travaillait comme femme de ménage bénévole pour la même famille depuis l'âge de 7 ans, a été retrouvée dans un foyer de Fortaleza, dans le nord-est du Brésil. Elle n'avait ni argent, ni compte bancaire, ni amis, et était complètement isolée du monde extérieur.
Une vie entière de travail forcé
La victime a commencé à travailler pour cette famille à l'âge de 7 ans. Elle a été exploitée par trois couples de générations différentes : deux retraités, un avocat et un fonctionnaire, puis un vétérinaire et un agent de l'État. Ne sachant ni lire ni écrire, elle n'avait aucun compte bancaire et n'avait aucun ami. Ses seules interactions sociales se limitaient à la famille pour laquelle elle travaillait.
Selon la procureure Maria Neuzeli, spécialisée dans la lutte contre l'esclavage domestique, « elle vivait dans une sorte de prison ; elle ne savait pas comment se déplacer en ville, elle avait peur de la violence extérieure. Comme elle était logée, nourrie et blanchie, elle avait l'impression d'être rémunérée pour son travail ».
Un accord avec le parquet
La famille a rejeté les accusations, son avocat affirmant dans un communiqué que « celles-ci ne reflètent absolument pas la relation de cohabitation, de soin et d'affection qui s'est construite avec elle au fil des décennies ». Cependant, la famille a conclu un accord avec le parquet du travail. Elle s'engage à acheter un appartement d'une valeur de 26 000 euros, « entièrement meublé et équipé », pour la victime, ainsi qu'une indemnité supplémentaire de 8 500 euros. Le communiqué du parquet précise que « la signature de cet accord n'empêche pas la salariée d'engager une action en justice pour faire valoir ses droits ».
En outre, la famille est accusée d'avoir détourné les 100 euros mensuels que la victime percevait en aide sociale. Malgré cela, le procureur Luciano Aragão Santos, coordinateur national pour l'éradication du travail forcé, a indiqué qu'elle restera chez ses employeurs le temps que les autorités retrouvent ses proches.
Une réinsertion complexe
Le procureur a expliqué que les libérations de personnes victimes de servitude domestique « sont encore plus complexes car la victime est souvent privée d'autonomie, coupée de sa famille et sans accès aux soins de santé ni à l'éducation. Leur libération exige un véritable effort de réinsertion sociale, de rétablissement des liens familiaux et de construction d'une vie autonome et digne ». Les autorités tentent actuellement de retrouver les proches de la victime, avec qui elle n'a jamais eu de contact.



