Jamaïque : levée de boucliers contre l'accueil d'expulsés des États-Unis
Jamaïque : levée de boucliers contre l'accueil d'expulsés des États-Unis

Le gouvernement jamaïcain a annoncé son accord pour accueillir des ressortissants de pays tiers expulsés des États-Unis, déclenchant une levée de boucliers dans l'opposition et la société civile. Cette décision, rendue publique le 12 juillet 2026, intervient dans le cadre d'un accord bilatéral avec Washington, qui prévoit le transfert de migrants non jamaïcains vers l'île des Caraïbes.

Un accord controversé

Selon le ministre jamaïcain de la Sécurité nationale, Horace Chang, l'accord concerne "des personnes qui ont été appréhendées aux États-Unis et qui ne peuvent pas être renvoyées dans leur pays d'origine". Il a précisé que la Jamaïque servirait de "point de transit temporaire" avant leur réinstallation dans des pays tiers. Cependant, les détails du nombre de personnes concernées et la durée de leur séjour restent flous.

L'opposition, menée par le Parti national du peuple (PNP), a vivement critiqué cette décision. Mark Golding, chef du PNP, a déclaré : "Le gouvernement n'a pas consulté le Parlement ni informé le public. C'est une décision unilatérale qui menace notre sécurité et nos ressources limitées."

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Réactions de la société civile

Des organisations de défense des droits humains ont également exprimé leur inquiétude. La Jamaïque fait face à des taux de criminalité élevés et à des infrastructures sociales fragiles, ce qui rend l'accueil de migrants non jamaïcains particulièrement sensible. Une pétition en ligne a recueilli plus de 15 000 signatures en moins de 24 heures pour demander l'annulation de l'accord.

Le gouvernement américain, par la voix du secrétaire à la Sécurité intérieure, Alejandro Mayorkas, a salué la coopération jamaïcaine. "Cet accord est un exemple de partenariat efficace dans la gestion des migrations", a-t-il affirmé. Toutefois, aucun chiffre officiel n'a été communiqué sur le nombre de personnes susceptibles d'être transférées.

Un précédent controversé

La Jamaïque n'est pas le premier pays des Caraïbes à accepter de tels accords. En 2023, les Bahamas avaient conclu un arrangement similaire, mais celui-ci avait été suspendu après des protestations. Les critiques estiment que ces accords déplacent le fardeau migratoire vers des nations plus vulnérables.

Le gouvernement jamaïcain, quant à lui, assure que l'accord est temporaire et strictement contrôlé. "Nous avons mis en place des mesures de sécurité rigoureuses. Ces personnes seront hébergées dans des installations sécurisées et ne seront pas intégrées dans les communautés locales", a précisé Horace Chang.

Malgré ces assurances, la colère monte dans la population, et des manifestations sont prévues dans les prochains jours. Le débat sur la souveraineté nationale et la solidarité internationale est relancé.

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