Canal du Midi : rencontre avec Djina, l'une des dernières éclusières
Canal du Midi : rencontre avec Djina, l'une des dernières éclusières

Depuis six ans, Djina Martinez vit dans une maison sur les berges du Canal du Midi, à Villeneuve-lès-Béziers, juste au-dessus de l'écluse d'Arièges. Titulaire depuis 2003, elle est l'une des dernières éclusières de ce site classé au patrimoine mondial de l'Unesco. Sa mission : faire passer les bateaux, assurer la gestion hydraulique et l'entretien des biefs, des grilles de dérivation et graisser les portes.

Un métier rythmé par les saisons

L'essentiel de son activité se concentre durant la saison de navigation, qui s'étend de fin mars au 1er novembre. « Cette année, on a rouvert fin mars et on fermera le 1er novembre. Hier, 33 bateaux sont passés. Avant l'abattage des platanes, c'était plutôt une cinquantaine par jour », explique-t-elle. La fréquentation a baissé, mais Djina continue de profiter de chaque passage : « Je travaille dans un cadre super agréable. Et je voyage avec les touristes. »

Un accueil personnalisé pour les touristes du monde entier

Lorsqu'une embarcation se présente, Djina ouvre la porte du bassin, actionne les vannes pour faire monter le bateau, et engage la conversation. « Je leur demande d'où ils viennent, la plupart du temps, ce sont des étrangers. » L'opération dure cinq minutes. Jusqu'à cinq bateaux peuvent s'agglutiner dans le sas. « On est là pour le bon fonctionnement, dans les règles de sécurité. En général, ça se passe bien. Mais il peut y avoir des bateaux qui s'accrochent sur le quai, il faut être vigilant. On est là pour surveiller, rassurer, orienter. On est responsable du bon amarrage mais sans toucher les cordes. Et on ne fait pas de nœud quand on change de niveau… »

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Un métier en voie de disparition

Fonctionnaire de l'État, l'éclusier passe un concours d'agent d'exploitation et de maintenance. Mais le métier décline avec l'automatisation. Au-delà des titulaires, ce sont surtout des CDD recrutés pour la saison, généralement en janvier. Une vingtaine de CDD sont par exemple sur le pont pour l'ouest Hérault, pour un fonctionnement sept jours sur sept, de 9 h à 19 h. Djina reste optimiste : « On essaie de leur donner de bons souvenirs. Car ils font des kilomètres pour voir le Canal. »

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