Leur groupe WhatsApp s'enflammait récemment autour de l'affaire Nadav Lapid. Fallait-il s'engager en faveur du cinéaste israélien dissident, exclu du Festival international du Film (FID) de Marseille sous la pression de confrères vent debout contre le sort de Gaza et des artistes d'Israël, quand bien même ceux-ci s'opposent farouchement au gouvernement Netanyahou ? À la question, Arthur Harari répondit par l'affirmative comme Justine Triet, pourtant en plein tournage, qui a signé les deux pétitions de soutien à Lapid, contre l'avis d'un autre membre du groupe, pro-boycott. La passe d'armes nourrira peut-être un livre d'Aurélien Bellanger ou une toile de Thomas Lévy-Lasne.
Une bande pluridisciplinaire
Ce qui est d'emblée remarquable dans la bande formée autour du couple Justine Triet et Arthur Harari, c'est sa pluralité disciplinaire. Eux sont cinéastes et scénaristes, Bellanger est écrivain, Lévy-Lasne, peintre, Cédric Sartore, photographe. Chacun dans son domaine cherche, traque des vérités incertaines. Leur amitié dure depuis plus de vingt ans, née sur les bancs de la Fémis ou dans les soirées parisiennes. Ils partagent idées, galères et succès, et leur seule compétition, selon l'un d'eux, « tournait autour de qui sera reconnu le premier ».
Succès récents et reconnaissance
Justine Triet a remporté la Palme d'or à Cannes en 2023 pour Anatomie d'une chute, tandis qu'Arthur Harari a été nommé aux César pour son scénario. Aurélien Bellanger a publié plusieurs romans remarqués, et Thomas Lévy-Lasne expose dans des galeries internationales. Le groupe continue de se soutenir mutuellement, comme en témoigne leur récente mobilisation pour Nadav Lapid.
Un collectif soudé
Leur groupe WhatsApp est un lieu d'échanges intenses, où les débats politiques et artistiques sont fréquents. Malgré des divergences ponctuelles, la bande reste soudée. « Nous sommes une famille choisie », confie un membre. Leur histoire illustre la force des collectifs créatifs dans le milieu culturel français.



