Le Bélarus demeure le dernier pays d'Europe à appliquer la peine de mort, selon un rapport d'Amnesty International publié ce jeudi. En 2025, au moins deux personnes ont été exécutées dans ce pays, portant à plus de 400 le nombre d'exécutions depuis l'indépendance en 1991. Les condamnations à mort sont prononcées à huis clos, sans possibilité réelle de recours.
Une justice opaque et politique
Les procès pour les crimes passibles de la peine capitale se déroulent souvent sans publicité, et les avocats disposent de peu de moyens pour défendre leurs clients. Selon Amnesty International, les condamnations à mort sont fréquemment utilisées pour réprimer toute opposition politique. En 2025, deux hommes, identifiés comme Viktor S. et Pavel L., ont été exécutés pour des accusations de terrorisme, mais les observateurs estiment que ces charges étaient motivées politiquement.
Des condamnations en hausse
Le nombre de condamnations à mort a augmenté de 30 % en 2025 par rapport à l'année précédente, avec au moins 15 nouvelles sentences. Le président Alexandre Loukachenko, au pouvoir depuis 1994, a toujours justifié le maintien de la peine de mort comme un outil nécessaire pour lutter contre la criminalité. Pourtant, les organisations de défense des droits humains soulignent que les exécutions sont souvent le résultat de procès inéquitables.
L'isolement international
Le Bélarus est le seul pays européen à encore pratiquer la peine de mort, alors que la Russie a instauré un moratoire en 1996 et que tous les autres États membres du Conseil de l'Europe l'ont abolie. L'Union européenne a condamné à plusieurs reprises ces exécutions et appelle Minsk à instaurer un moratoire. Malgré les sanctions, le régime bélarusse reste inflexible.
Un appel à l'abolition
Amnesty International exhorte les autorités bélarusses à abolir la peine de mort sans délai. « Chaque exécution est une violation irréversible du droit à la vie », a déclaré Agnès Callamard, secrétaire générale de l'organisation. « La communauté internationale doit intensifier la pression pour mettre fin à cette pratique barbare. »



