Annecy accusée d'avoir acheté en masse un journal pour étouffer une affaire de viol
Annecy accusée d'achat massif de journaux pour étouffer une affaire

L'équipe municipale d'Annecy est accusée d'avoir tenté d'étouffer une affaire de viol en achetant en masse des exemplaires d'un journal. Une enquête conjointe de Reporters sans frontières (RSF) et de L'Essor Savoyard révèle que des personnes liées à la mairie auraient racheté des centaines de numéros de l'hebdomadaire daté du 4 juin 2026, dont la Une était consacrée au témoignage exclusif d'une victime présumée de viol mettant en cause le premier adjoint au maire, Anthony Granger.

Une opération de censure dénoncée

Selon l'enquête, plusieurs vendeurs de journaux ont rapporté le même scénario : dès l'ouverture, une personne se présentait et demandait à acheter tous les exemplaires disponibles. RSF et L'Essor Savoyard qualifient cette opération de « censure grossière et mal ficelée », visant à dissimuler « une information d'intérêt public ». La mairie conteste fermement ces accusations.

Des achats massifs dans toute la ville

L'enquête, qui a duré plusieurs semaines, a recueilli les témoignages de buralistes surpris par l'afflux soudain de clients mystérieux. Ils décrivent une véritable razzia : 20 exemplaires vendus ici, 50 là. Un homme a prétendu vouloir une quinzaine d'exemplaires « pour l'exposé de sa fille ». D'autres se sont fait passer pour des salariés du journal, achetant 146 exemplaires en grande surface sous prétexte d'une erreur. À midi, les deux tiers des points de vente étaient dévalisés.

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L'Essor Savoyard, qui écoule habituellement 2 000 exemplaires, a enregistré un record de vente avec 1 000 exemplaires supplémentaires, soit une hausse de 50 %. Les buralistes ont affirmé que ces acheteurs n'étaient pas des clients habituels, et certains ont donné pour consigne de limiter la vente à deux exemplaires par personne.

Des membres de l'équipe municipale impliqués

En recoupant témoignages et images, RSF affirme avoir identifié plusieurs personnes directement liées à la mairie d'Annecy. Myriam Clerc, conseillère spéciale et ancienne collaboratrice parlementaire du maire Antoine Armand, est citée. Interrogée, elle n'a pas souhaité commenter.

Sous couvert d'anonymat, un membre de la majorité municipale a confié à RSF et à L'Essor Savoyard que « certains élus ont été appelés pour acheter des journaux », une opération décidée « dans un moment de panique ». Le maire Antoine Armand, ancien ministre macroniste, a depuis placé Anthony Granger en retrait de ses fonctions. Contacté, il assure « qu'aucune consigne n'a été donnée et qu'aucune organisation n'a été mise en place » pour étouffer l'affaire.

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