Afghanistan : les femmes face à une soumission inégalée
Afghanistan : femmes face à une soumission inégalée

Cinq ans après le retour des talibans au pouvoir en Afghanistan, les femmes sont placées dans une « condition d'infériorité extrême de soumission inégalée », selon un rapport publié par l'ONU. Ce document, rendu public le 15 août 2025, dresse un constat alarmant de la situation des droits des femmes dans le pays, marquée par une régression sans précédent.

Une régression sans précédent depuis 2021

Le rapport de l'ONU, qui s'appuie sur des témoignages et des données recueillies sur le terrain, indique que les femmes afghanes sont confrontées à des restrictions systématiques dans tous les domaines de la vie publique et privée. Depuis la prise de Kaboul par les talibans en août 2021, les décrets successifs ont réduit leur accès à l'éducation, à l'emploi, aux soins de santé et à la liberté de circulation.

Selon l'organisation, cette situation constitue une « condition d'infériorité extrême de soumission inégalée », une formulation qui souligne l'ampleur de la discrimination institutionnalisée. Les femmes sont notamment privées du droit de travailler dans la plupart des secteurs, à l'exception de quelques métiers jugés « féminins », et ne peuvent se déplacer sans un accompagnateur masculin.

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Des restrictions qui touchent tous les aspects de la vie

Le rapport détaille les mesures prises par les autorités talibanes : l'interdiction de l'éducation secondaire et universitaire pour les filles, l'obligation de porter le tchadri en public, et l'interdiction de fréquenter les parcs, les gymnases et autres lieux publics. Les femmes sont également exclues des fonctions de décision dans l'administration et la justice, et leur accès aux soins de santé est limité par la pénurie de personnel féminin.

Ces restrictions ont des conséquences dramatiques sur la santé mentale et physique des femmes. L'ONU note que le nombre de suicides et de tentatives de suicide a augmenté de manière significative, tandis que les mariages forcés et les violences domestiques restent massivement sous-déclarés faute de recours possibles.

Un appel à la communauté internationale

Le rapport de l'ONU appelle la communauté internationale à maintenir la pression sur les talibans et à ne pas reconnaître leur gouvernement. Il recommande également de renforcer l'aide humanitaire et les programmes de soutien aux femmes afghanes, notamment via des canaux décentralisés et des organisations locales.

Selon les données citées dans le rapport, moins de 2 % des femmes en âge de travailler ont un emploi rémunéré, un chiffre en chute libre par rapport à la période précédant 2021. Cette exclusion économique aggrave la pauvreté et l'insécurité alimentaire, qui touchent déjà des millions de personnes dans le pays.

Des perspectives sombres pour la prochaine génération

Les conséquences à long terme de cette politique sont considérables. Une génération entière de filles n'a pas eu accès à l'éducation secondaire, ce qui risque de perpétuer le cycle de la pauvreté et de l'analphabétisme. L'ONU insiste sur le fait que cette situation est « sans précédent dans l'histoire contemporaine » et exige une réponse urgente.

Le rapport conclut que la communauté internationale doit agir de manière concertée pour faire respecter les droits fondamentaux des femmes afghanes, tout en soutenant les initiatives locales de résistance et de solidarité. Il s'agit d'un enjeu de justice et de dignité humaine qui ne peut être ignoré.

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