Venezuela : les exportations de pétrole repartent à la hausse
Venezuela : les exportations de pétrole repartent à la hausse

Au Venezuela, les exportations de pétrole connaissent un rebond significatif, contrastant avec le blocage politique persistant. Selon les données de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), les ventes de brut vénézuélien ont augmenté de 20% en 2025 par rapport à l'année précédente, atteignant une moyenne de 700 000 barils par jour. Cette hausse est principalement due à l'assouplissement des sanctions américaines, qui a permis à des compagnies pétrolières internationales comme Chevron et Repsol de reprendre leurs activités dans le pays.

Un contexte politique toujours tendu

Cette reprise économique ne s'accompagne pas d'une avancée politique. Les négociations entre le gouvernement de Nicolás Maduro et l'opposition restent au point mort, malgré les appels de la communauté internationale. "Le pétrole coule, mais la démocratie est en panne sèche", a déclaré Juan González, ancien conseiller de la Maison-Blanche pour l'Amérique latine, cité par l'AFP. Les élections présidentielles prévues pour 2024 ont été reportées sine die, et les prisonniers politiques sont toujours détenus.

L'impact des sanctions assouplies

L'Office of Foreign Assets Control (OFAC) du Trésor américain a renouvelé en mai 2025 la licence autorisant les opérations de Chevron au Venezuela, une décision cruciale pour l'économie du pays. Cette licence permet à la compagnie américaine d'exporter du pétrole brut vers les États-Unis, ce qui représente environ 100 000 barils par jour. En contrepartie, Washington exige des avancées démocratiques, mais Maduro a jusqu'à présent refusé toute concession majeure.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Des chiffres en hausse mais encore loin du passé

Malgré cette embellie, la production pétrolière vénézuélienne reste très en deçà de son pic historique de 3,5 millions de barils par jour en 1998. La chute a été brutale après 2015, avec un effondrement à moins de 400 000 barils par jour en 2020, en raison de la mauvaise gestion, de la corruption et des sanctions. La reprise actuelle est donc relative, mais elle offre une bouffée d'oxygène à un pays en crise économique profonde.

Conséquences pour la population

L'augmentation des revenus pétroliers n'a pas encore amélioré les conditions de vie des Vénézuéliens. L'inflation reste galopante (plus de 400% en 2025 selon le FMI), et la pauvreté touche plus de 90% de la population. Les services publics, comme l'électricité et l'eau, sont toujours défaillants. "Le pétrole ne se traduit pas en bien-être pour le peuple", déplore Luis Vicente León, économiste et directeur de la firme Datanálisis, dans un entretien à El País.

Perspectives incertaines

L'avenir des exportations dépendra des décisions politiques. Si les sanctions américaines devaient être réimposées, la production pourrait chuter à nouveau. Par ailleurs, la Chine et la Russie restent des partenaires clés, mais leurs achats ont diminué en 2025. Le Venezuela cherche également à diversifier ses clients, notamment en Inde et en Turquie. Mais sans réformes structurelles et sans accord politique, la reprise reste fragile.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale