Les Émirats arabes unis (EAU) ont clairement signifié à Israël que leur partenariat stratégique, scellé par les accords d'Abraham en 2020, ne saurait être conditionné à la présence de Benyamin Netanyahou au pouvoir. Selon des sources diplomatiques proches des discussions, Abou Dhabi souhaite dissocier la relation bilatérale des aléas politiques internes israéliens.
Une position émiratie ferme
Lors d'une rencontre récente entre hauts responsables émiratis et israéliens, les Émirats ont réaffirmé que leur engagement envers la normalisation repose sur des intérêts mutuels durables, et non sur une personnalité politique. « Notre partenariat avec Israël est stratégique et dépasse les individus. Il est fondé sur la coopération économique, sécuritaire et technologique », a déclaré un diplomate émirati sous couvert d'anonymat. Cette prise de position intervient alors que Netanyahou fait face à des contestations internes et à des fragilités politiques.
Les accords d'Abraham en toile de fond
Les accords d'Abraham, négociés sous l'administration Trump, ont permis aux EAU, Bahreïn, le Maroc et le Soudan de normaliser leurs relations avec Israël. Depuis, les échanges commerciaux entre les EAU et Israël ont explosé, atteignant près de 2,5 milliards de dollars en 2025, selon des données officielles. Les Émirats sont devenus un hub régional pour les entreprises israéliennes, notamment dans les secteurs de la fintech, de l'agriculture et de la défense.
Un message à l'opposition israélienne
En affirmant que le partenariat ne dépend pas de Netanyahou, les EAU envoient également un signal à l'opposition israélienne. « Nous travaillons avec l'État d'Israël, pas avec un gouvernement particulier », a précisé la même source. Cette déclaration pourrait faciliter une éventuelle alternance politique en Israël, où les coalitions sont souvent instables. Les Émirats cherchent à sécuriser leurs investissements et leur coopération, quel que soit le prochain Premier ministre.
Des enjeux régionaux et sécuritaires
Au-delà des aspects économiques, la coopération sécuritaire est cruciale. Les EAU et Israël partagent des préoccupations communes face à l'Iran et à ses programmes balistiques et nucléaires. « La coordination en matière de renseignement et de défense antimissile est un pilier de notre relation », a indiqué un responsable émirati. Toutefois, Abou Dhabi insiste pour que cette coopération reste discrète et ne soit pas instrumentalisée dans le débat politique intérieur israélien.
Une divergence sur la question palestinienne
Malgré la normalisation, les EAU continuent de soutenir la solution à deux États et critiquent la politique de colonisation israélienne. En février 2026, les Émirats ont convoqué l'ambassadeur israélien pour protester contre l'expansion des colonies en Cisjordanie. « Notre position sur la Palestine est constante et ne changera pas, mais cela n'affecte pas notre partenariat stratégique avec Israël », a expliqué un porte-parole du ministère émirati des Affaires étrangères. Cette double approche – fermeté sur les principes et pragmatisme économique – caractérise la diplomatie émiratie.
Les implications pour la région
La position émiratie pourrait influencer d'autres pays arabes ayant normalisé leurs relations avec Israël. Le Maroc et Bahreïn observent attentivement les évolutions. « Les Émirats montrent la voie : on peut être un allié d'Israël tout en maintenant des exigences politiques », analyse un expert basé à Dubaï. Alors que les discussions sur une éventuelle normalisation avec l'Arabie saoudite restent en suspens, la déclaration émiratie rappelle que les relations israélo-arabes ne se réduisent pas à une question de personne.



