Au moins 920 personnes ont perdu la vie et plus de 50 000 sont portées disparues après le double séisme de magnitude 7,2 et 7,5 qui a frappé le nord du Venezuela mercredi, selon le président de l'Assemblée nationale, Jorge Rodriguez. Les secousses, les plus violentes depuis un siècle, ont réduit en ruines de nombreux immeubles, notamment à La Guaira, ville côtière proche de Caracas.
Un bilan qui pourrait encore s'alourdir
Vendredi, Jorge Rodriguez a annoncé que le nombre de morts était passé à 920. À Genève, le responsable de l'aide humanitaire de l'ONU, Tom Fletcher, a déclaré à l'Agence France-Presse que plus de 50 000 personnes étaient portées disparues, et que le bilan devrait « s'alourdir considérablement » dans le contexte « d'une opération de secours extrêmement complexe ».
À La Guaira, des familles, voisins et bénévoles réclament des machines spécialisées pour dégager les gravats. Marlon Ochoa, survivant de l'effondrement d'un immeuble, témoigne : « Je cherche ma mère, ma femme et mon fils. Nous avons besoin d'aide, il y a des gens vivants, et on ne nous donne pas d'outils » pour les sortir des décombres.
Militarisation et aide internationale
La présidente par intérim Delcy Rodriguez, au pouvoir depuis janvier après la capture de Nicolas Maduro par les États-Unis, a annoncé dans la nuit de vendredi à samedi le déploiement de 14 000 militaires et policiers dans l'État de La Guaira, « militarisé pour garantir la sécurité ». L'AFP avait constaté des pillages dans la zone jeudi.
Des équipes internationales de recherche et de sauvetage d'au moins 17 pays ont commencé à intervenir. Les États-Unis ont annoncé vendredi le déploiement d'une équipe de 250 personnes, ainsi qu'une aide de 150 millions de dollars, deux navires de guerre, des avions de transport et des hélicoptères.
Devant un ensemble de cinq immeubles effondrés à La Guaira, le chef d'un contingent de secouristes chiliens, Nadiomar Polanco, a estimé qu'il y avait « malheureusement peu de chances de retrouver des personnes en vie ». Son équipe se concentre sur la recherche de corps de « personnes déjà décédées ».
Victimes étrangères et colère des habitants
Au moins 28 personnes de nationalité ou d'origine portugaise, sept Chinois, cinq Espagnols, deux Brésiliens, un Chilien et un Italo-Vénézuélien figurent parmi les morts. À La Guaira, où le principal aéroport du pays est inutilisable, des habitants tentent de dégager eux-mêmes leurs proches ensevelis. Alessandro del Giudice, 23 ans, cherche son père sous une montagne de décombres : « Il est là ». Sa grand-mère Amparo, désespérée, dégage les ruines à mains nues, impuissante : « Il y a beaucoup de blocs de pierre, on ne peut pas les enlever avec les mains ».
« Les autorités ne servent à rien, à rien. Les militaires devraient être là avec toute la machinerie qu'ils ont », dénonce Argenis Méndez, un habitant. La présidente Delcy Rodriguez a été huée vendredi près d'un immeuble effondré dans un quartier aisé de Caracas. « Ça suffit de faire campagne au milieu d'une tragédie comme celle que nous vivons », lui ont lancé des riverains et proches de personnes piégées.
Soutien américain et appels politiques
Delcy Rodriguez a déclaré avoir reçu un appel du président américain Donald Trump et de son secrétaire d'Etat Marco Rubio, l'assurant de leur soutien. La dirigeante de l'opposition et prix Nobel de la paix Maria Corina Machado a demandé la libération de « tous les prisonniers politiques » pour qu'ils puissent retrouver leurs familles.
Les séismes ont été ressentis jusqu'en Colombie et au Brésil, et plus de 300 répliques ont été signalées. Le Venezuela, pays à risque sismique, n'avait pas connu de grand tremblement de terre depuis 1997. Vendredi, les matches de la Coupe du monde de football ont été précédés de minutes de silence en hommage aux victimes.



