Accord de paix USA-Iran : signature historique à distance
USA-Iran : accord de paix signé à distance

Un accord historique signé à distance

Les présidents américain et iranien ont chacun signé mercredi soir le protocole d’accord dans lequel Téhéran s’engage à diluer son uranium enrichi dans le cadre de futures négociations, en échange de la levée des sanctions de Washington. Cet accord met fin au conflit déclenché le 28 février par les États-Unis et Israël contre la République islamique, qui a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban.

Signature en grande pompe

Donald Trump, en visite en France, a signé le document au château de Versailles, aux côtés d’Emmanuel Macron, le pouce levé et sourire aux lèvres. « Je viens de le signer », a-t-il déclaré à la presse. Un responsable de la Maison Blanche a publié une vidéo de la signature sur X. De son côté, le président iranien Massoud Pezeshkian a également signé le texte, a confirmé le porte-parole du ministère des Affaires étrangères iranien, Esmaïl Baghaï.

Réouverture du détroit d'Ormuz

Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif a annoncé que le détroit d’Ormuz sera « instantanément » rouvert et que le blocus américain des ports iraniens prendra fin « immédiatement ». Une cérémonie est prévue vendredi en Suisse pour « commémorer cet événement marquant et donner le coup d’envoi des discussions techniques ». Initialement, une signature formelle par le vice-président américain JD Vance et le président du Parlement iranien Mohammad Bagher Ghalibaf devait avoir lieu en Suisse en fin de semaine.

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Réactions contrastées

Mohammad Bagher Ghalibaf a déclaré à la télévision d’État que « cet accord acte l’échec des États-Unis » face à l’Iran. Le secrétaire général du Hezbollah libanais, Naïm Kassem, a qualifié l’accord de « grande victoire » pour l’Iran et a remercié Téhéran d’avoir insisté pour y inclure le front libanais. Il a appelé à « tirer profit » de cet accord pour « expulser Israël » du Liban. Le président libanais Joseph Aoun avait auparavant assuré que les négociations directes avec Israël étaient « indépendantes » de l’accord américano-iranien.

Détails du protocole

Le texte prévoit une suspension immédiate des sanctions américaines sur la vente de pétrole iranien et une levée totale des sanctions si un accord définitif est conclu dans un délai de 60 jours. Pendant ces deux mois, les deux pays discuteront d’un mécanisme pour traiter les stocks iraniens d’uranium enrichi « en recourant, au minimum, à une méthode de dilution sur place sous la supervision de l’AIEA », a souligné un haut responsable américain. En contrepartie, l’Iran devra permettre, dans un délai de 30 jours, le plein rétablissement de la circulation maritime dans le détroit d’Ormuz. En cas d’accord définitif, les États-Unis faciliteront le déblocage d’un fonds de 300 milliards de dollars pour la reconstruction et le développement économique de l’Iran, sans participation financière américaine.

Réactions internationales

Les pays du G7, réunis en France, ont salué « une opportunité historique d’empêcher l’Iran d’acquérir toute arme nucléaire et de s’attaquer aux menaces liées à ses activités régionales et balistiques ». La Chine a estimé « essentiel » que « toutes les parties » appliquent scrupuleusement l’accord et évitent les « ingérences » extérieures. Le chef de la diplomatie chinoise, Wang Yi, a insisté sur la nécessité que la navigation dans le détroit d’Ormuz soit « correctement gérée ». Les cours du pétrole ont terminé en légère progression mercredi, le Brent progressant de 0,75 % à 79,55 dollars le baril.

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