Ukraine lance une attaque massive de drones près de Moscou
Ukraine lance une attaque massive de drones près de Moscou

Une attaque massive de drones ukrainiens frappe la région de Moscou

Des flammes hautes de plusieurs mètres et une épaisse fumée noire s'échappent de l'une des principales raffineries de la région de Moscou. Ce jeudi 18 juin, l'Ukraine a lancé l'une de ses plus importantes attaques de drones contre la Russie depuis le début de la guerre, il y a deux ans. Selon un décompte cité par CNN, près de 1 000 drones ont été interceptés par la Défense aérienne russe sur une large zone. À Moscou, où 194 drones ukrainiens ont été abattus selon le maire, 17 personnes ont été blessées et une raffinerie de pétrole située à une quinzaine de kilomètres du Kremlin a été endommagée, provoquant d'importants incendies. Ce chiffre est bien supérieur à celui d'autres journées d'attaques au cours des derniers mois, où l'Ukraine envoyait quelques dizaines de drones. En conséquence, les vols de tous les principaux aéroports de Moscou sont temporairement suspendus ce jeudi.

Zelensky justifie la riposte

« Nous ne voulons pas cette guerre, nous ne l'avons jamais voulue, tout le monde le sait, nos partenaires le savent aussi », a déclaré Volodymyr Zelensky, cité par Reuters. « Mais si l'Ukraine brûle, Moscou brûlera aussi. » Le président ukrainien a expliqué que ces attaques massives étaient une riposte à la frappe ayant endommagé un monastère historique à Kyiv cette semaine, faisant également 10 morts lundi. Selon l'armée de l'air ukrainienne, la Russie a riposté à l'attaque de jeudi en lançant sept missiles et 239 drones contre l'Ukraine.

L'Ukraine « en avance » dans la guerre des drones

L'Ukraine a lancé ces derniers mois d'importantes attaques de drones contre des raffineries, des dépôts pétroliers et des terminaux, avec pour objectif de perturber les revenus de la guerre, ainsi que des installations militaires russes. Ces attaques ont provoqué des dégâts suffisamment importants pour que le commandant ukrainien revendique désormais une supériorité sur Moscou dans la guerre des drones. « Aujourd'hui, nous avons déjà des raisons d'affirmer que, dans cette compétition technologique, d'innovation et de capacités industrielles, l'Ukraine est au moins à égalité avec la Russie - et, dans certains domaines, elle la devance », affirmait début mai le général Oleksandr Syrskyi, cité par L'Indépendant.

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Selon un bilan de RBC Ukraine, « en mai 2026 seulement, les unités de drones des forces de défense ukrainiennes ont frappé près de 180 000 cibles russes, soit une hausse de 12,7 % par rapport à avril. Dans le segment des drones FPV — engins télécommandés à vue subjective utilisés en frappe directe —, l'Ukraine dispose désormais d'un rapport de force de 1,5 contre 1 face à la Russie. En mai, les forces ukrainiennes ont également abattu quelque 4 000 drones Shahed, en hausse de 27 % par rapport au mois précédent. »

Moscou montre des signes de fébrilité

Ces attaques mettent à mal le Kremlin, qui montre des signes de fébrilité face à une guerre qui se joue désormais aussi sur son propre territoire. Mi-mai, Moscou annonçait l'annulation de son concert annuel du Jour de la Russie, commémoré sur la place Rouge — une première en 23 ans —, pour le remplacer par des spectacles à l'intérieur de centres culturels, sans plus d'explication. Déjà, le 9 mai dernier, le défilé militaire de la place Rouge s'était tenu sans la parade des blindés, et les journalistes étrangers n'avaient pas été invités à y participer.

Plus récemment, la Douma a autorisé les banques ainsi que certaines entreprises à se défendre elles-mêmes contre les attaques de drone, en embauchant des sociétés privées de sécurité ou en armant leurs fonctionnaires. La même semaine, un bâtiment de la banque centrale russe avait été fortement endommagé à Sébastopol.

Dernière mesure en date, les autorités de Crimée ont également annoncé ce mercredi interdire la circulation en moto, scooter ou quad la nuit, jusqu'à nouvel ordre, leurs sons pouvant être confondus avec celui des drones. « Le bruit des vélomoteurs perturbe le travail des systèmes de défense. Leur moteur fait un bruit comparable », a rapporté Reuters.

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La Crimée sous pression

La région connaît de nombreuses perturbations ces dernières semaines, l'Ukraine bombardant les axes et véhicules servant à l'acheminement de carburant. « Les réseaux sociaux regorgent de vidéos de camions-citernes en feu après des attaques de drones et de files de voitures serpentant devant les stations-service, les livraisons étant perturbées », note le New York Times. La Crimée, occupée illégalement par la Russie depuis 2014, constitue la principale plateforme logistique et le principal point de départ des opérations militaires russes dans le sud de l'Ukraine, mais présente un défi pour Moscou, étant séparée de son territoire.

Un changement de rapport de force ?

L'attaque massive de ce jeudi intervient peu après la réunion des dirigeants du G7 en France, en début de semaine, où les Sept — États-Unis compris — ont renouvelé leur soutien militaire à l'Ukraine et appelé à faire pression sur la Russie pour parvenir à un accord. Kiev a aussi en ligne de mire une importante réunion de l'Otan, le mois prochain. « Tout le monde doit faire pression sur Poutine : les Ukrainiens, absolument tous les Européens, les Américains et les Russes — il est temps de se ressaisir et de faire pression sur leur dirigeant », a indiqué le président ukrainien ce jeudi.