Un bilan judiciaire accablant après quatre années de guerre
Le long du Mur du souvenir des soldats ukrainiens tombés au combat à Kiev, le 23 février 2026, alors que le conflit avec la Russie atteint son quatrième anniversaire, l'ombre des pertes humaines plane lourdement. Le nombre, 211 000 crimes de guerre répertoriés, est vertigineux dans un conflit russo-ukrainien où les lignes de front n'ont guère évolué depuis trois ans, et où les principales victimes du carnage restent les soldats des deux armées.
L'ampleur des violations du droit international
« 211 000 crimes de guerre ont été répertoriés à ce jour, sur 241 000 délits impliquant la Russie », indique Ruslan Kravchenko, le procureur général d'Ukraine, en dressant pour Le Monde, lundi 23 février, un bilan de quatre années de conflit d'un point de vue judiciaire. La liste des crimes comporte tout l'éventail des violations du droit international humanitaire.
« Assassinats, tortures, violences sexuelles, bombardements indiscriminés, pillages… » M. Kravchenko ne va pas au bout de la liste, soulignant l'étendue des atrocités documentées par les autorités ukrainiennes.
Les procédures judiciaires en cours
Après enquêtes menées par la police, les services secrets et les enquêteurs du bureau du procureur, 800 actes d'accusation ont déjà été émis, et 240 individus ont été condamnés par contumace pour crimes de guerre par des tribunaux ukrainiens. Si l'on est loin des 211 000 crimes répertoriés, l'Ukraine insiste pour n'attendre ni la fin de la guerre ni l'arrestation improbable des suspects.
« L'intérêt des procès in absentia, que nous menons selon les normes internationales, est à la fois de rassembler les récits des victimes et témoins, de les faire vérifier et valider par la justice, alors que plus tard tel témoin pourrait être décédé, et de transformer les suspects de crimes de guerre en condamnés, en fugitifs qui n'ont plus que la Russie pour se cacher », explique M. Kravchenko.
Cette approche proactive vise à préserver les preuves et à établir une responsabilité juridique malgré les défis posés par un conflit en cours et l'impossibilité d'extrader les accusés.



