Donald Trump exprime son mécontentement envers l'Iran mais retient les frappes
Dans un contexte de fortes tensions internationales, le président américain Donald Trump a clairement affiché son mécontentement envers l'Iran, vendredi, sans toutefois prendre de décision définitive concernant d'éventuelles frappes militaires. Cette situation maintient la communauté internationale en suspens, alors que les États-Unis ont simultanément recommandé à leur personnel non essentiel de quitter Israël, citant des risques pour leur sécurité.
Un mécontentement affiché mais une décision finale en attente
Devant des journalistes, Donald Trump a déclaré : « Je ne suis pas content quant au fait qu'ils (les Iraniens) ne veulent pas nous donner ce que nous devons avoir ». Il a ajouté exprimer son insatisfaction concernant « la manière des Iraniens de négocier », au lendemain d'une troisième session de pourparlers à Genève, sous médiation omanaise. Cependant, le président américain a tempéré ses propos en précisant : « Nous n'avons pas pris de décision finale » sur de possibles frappes.
Cette déclaration intervient sur fond d'un déploiement militaire américain massif au Moyen-Orient, le plus important depuis des décennies, avec notamment l'envoi de deux porte-avions, dont le Gerald Ford, le plus grand au monde, attendu au large d'Israël. Ce déploiement alimente les craintes d'un embrasement régional en cas d'attaque américaine.
Recommandations d'évacuation et déplacements diplomatiques
Parallèlement, les États-Unis ont recommandé, vendredi, au personnel non essentiel de leur ambassade à Jérusalem de quitter Israël, « en raison de risques pour leur sécurité et tant que des vols commerciaux sont disponibles ». Le secrétaire d'État, Marco Rubio, se rendra lui-même en Israël lundi, selon une annonce du département d'État.
Cette mesure de prudence s'inscrit dans un mouvement plus large :
- La Chine a conseillé à ses ressortissants en Iran d'évacuer « dès que possible ».
- Le Royaume-Uni a annoncé le retrait de son personnel diplomatique d'Iran et le déplacement de certains membres hors de Tel-Aviv.
- L'Allemagne a déconseillé « de toute urgence » à ses ressortissants de se rendre en Israël.
- La compagnie Turkish Airlines a annulé ses vols vers Téhéran au départ d'Istanbul.
Des positions iraniennes fermes et des appels à la modération
En Iran, des citoyens expriment des positions fermes. Hamid Beiranvand, un employé de 42 ans, affirme dans le centre de Téhéran qu'« il ne faut faire aucune concession » aux Américains, tout en disant préférer éviter la guerre et souhaiter la levée des sanctions internationales. Ali Bagheri, 34 ans, souhaite aussi « une ouverture économique », mais doute qu'un accord soit possible avec les demandes américaines.
Les tensions reposent sur des divergences profondes :
- Les États-Unis accusent l'Iran, qui dément, de vouloir se doter de l'arme atomique et insistent pour une interdiction totale d'enrichissement d'uranium.
- L'Iran exclut cette interdiction et défend son droit au nucléaire civil.
- Washington veut limiter le programme balistique iranien, une question que Téhéran refuse d'aborder.
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a appelé vendredi les États-Unis à éviter « toute exigence excessive », tempérant l'optimisme affiché la veille. Le Haut-Commissaire aux droits de l'Homme de l'ONU, Volker Türk, s'est dit « extrêmement inquiet du risque d'escalade militaire régionale ».
Des pourparlers en cours et une paix « à portée de main »
Malgré les tensions, les pourparlers se poursuivent. Oman, médiateur, avait fait état jeudi « de progrès significatifs ». Une prochaine session doit se tenir « très bientôt », après des discussions « entre équipes techniques » lundi à Vienne, assistées d'experts de l'AIEA. Le chef de la diplomatie omanaise, Badr al-Busaidi, a même assuré sur X : « La paix est à portée de main », après s'être entretenu à Washington avec le vice-président JD Vance.
Ces développements surviennent après que Donald Trump a lancé, le 19 février, un ultimatum de « 10 à 15 jours » pour décider d'un accord ou d'un recours à la force. Les pourparlers, repris l'année dernière après une interruption due à la guerre israélo-iranienne de juin, sont marqués par de nouvelles tensions apparues suite à la répression d'un mouvement de contestation en Iran, à laquelle Trump avait promis de venir « en aide ».



