Donald Trump a annoncé, lundi 24 août sur son réseau Truth Social, une augmentation de 50 % des droits de douane sur toutes les voitures et pièces automobiles importées du Canada, à compter du 1er janvier 2027. Cette décision fait suite à l'échec des négociations commerciales entre Washington et Ottawa, vendredi 21 août. Le président américain a justifié cette mesure en affirmant que le Canada « ne sera plus traité comme un État » et qu'il fait partie des « pires nations au monde avec qui traiter ».
Des négociations rompues et des menaces réciproques
Vendredi 21 août, Donald Trump et le Premier ministre canadien Mark Carney se sont entretenus pour tenter d'éviter une escalade de la guerre commerciale. Trump menaçait alors d'appliquer des droits de douane sur des marchandises canadiennes d'une valeur de plus de 20 milliards de dollars (17 milliards d'euros). Les pourparlers ont expiré à minuit, sans accord. Le Canada a reproché à l'administration Trump d'avoir « joué les gros bras » en proposant un recul des droits de douane contre une restriction des accords commerciaux d'Ottawa avec d'autres puissances.
Mark Carney a qualifié cette approche de « mauvais calcul » et a promis de répondre « dollar pour dollar ». « Vous êtes en guerre quand vous êtes attaqué, et nous avons été attaqués », a-t-il déclaré. Le ministre des Finances canadien, François-Philippe Champagne, a précisé mardi 25 août que la réponse serait « proportionnée, ciblée et stratégique ». Dès le 8 septembre, le Canada imposera des contre-tarifs pouvant atteindre 15 %, 25 % ou 50 % sur 27,6 milliards de dollars canadiens (16 millions d'euros) d'importations américaines. Ottawa prévoit également un plan d'aide économique de 7,5 milliards de dollars canadiens (4,6 milliards d'euros) pour les entreprises et travailleurs touchés.
Des réactions vives et des conséquences économiques
Le premier ministre de l'Ontario a réagi avec virulence, suggérant que Trump pouvait « [lui] embrasser le cul ». Il a appelé le gouvernement fédéral à « tripler » les coûts d'exportation de la potasse, de l'uranium, des terres rares, du pétrole et de l'électricité. Ces propos illustrent la tension croissante entre les deux voisins.
Les deux économies restent pourtant étroitement liées. Le Canada est le deuxième partenaire commercial des États-Unis, après le Mexique. Les trois pays produisent souvent des pièces différentes qui sont assemblées au Canada pour constituer un même véhicule, notamment pour Ford, General Motors et Stellantis. Trump a précisé que les pièces fabriquées aux États-Unis ne seraient pas taxées. Malgré cela, les actions de Ford et Stellantis ont chuté de 3 % à la Bourse de New York. Les entreprises n'ont pas commenté la situation.
Selon Erin Keating, analyste exécutive chez Cox Automotive, citée par le Financial Times, « l'impact des tarifs inapplicables se ferait sentir bien au-delà des usines d'assemblage canadiennes. Toute augmentation des droits de douane sur les pièces automobiles exerce directement une pression supplémentaire sur chaque propriétaire de voiture américain ». Jennifer Safavian, directrice générale d'Autos Drive America, ajoute que l'impact négatif est « déjà ressenti. Les exportations automobiles américaines vers le Canada ont diminué de 23 % au cours de la dernière année ».
Au Canada, l'avocat commercial Mark Warner, basé à Toronto, prédit un « gel » des investissements, même si Donald Trump revenait sur sa décision. Les contre-tarifs canadiens entreront en vigueur dès le 8 septembre, et le plan d'aide de 7,5 milliards de dollars canadiens sera déployé pour soutenir l'économie nationale.



