Alors que la tension entre les États-Unis et l'Iran atteint un niveau critique, le général Mark Milley, chef d'état-major des armées américaines, tente de trouver une issue diplomatique. Selon des sources proches du Pentagone, il multiplie les contacts discrets avec ses homologues iraniens pour éviter un conflit ouvert.
Une escalade dangereuse
Depuis plusieurs semaines, les incidents en mer d'Oman et les attaques contre des pétroliers ont ravivé les craintes d'une confrontation. Le président Donald Trump a ordonné un renforcement de la présence militaire dans la région, mais ses conseillers militaires redoutent une guerre aux conséquences imprévisibles.
Le général Milley, nommé en 2019, est connu pour sa prudence. Il aurait exprimé à plusieurs reprises ses réserves sur une action militaire directe, préférant des options limitées et réversibles. Selon un haut responsable américain, « il cherche une porte de sortie honorable pour éviter un engrenage ».
Des canaux de communication secrets
Des informations font état de discussions indirectes via des intermédiaires, notamment le sultanat d'Oman, qui a historiquement servi de médiateur entre Téhéran et Washington. Ces canaux permettraient d'échanger des messages sans confrontation directe, réduisant les risques de malentendus.
Le général aurait également insisté pour que les frappes de représailles, en réponse aux attaques contre des installations saoudiennes, restent proportionnées et ciblées. Il s'oppose à une opération massive qui pourrait déstabiliser toute la région.
Les divisions au sein de l'administration
Cette approche contraste avec les positions plus bellicistes de certains conseillers de la Maison-Blanche, comme le secrétaire d'État Mike Pompeo ou le conseiller à la sécurité nationale John Bolton. Ces derniers plaident pour une ligne dure, estimant que la pression maximale est la seule voie pour faire céder le régime iranien.
Mais les militaires, de leur côté, mettent en avant les coûts humains et financiers d'une guerre. Selon une étude du Center for Strategic and Budgetary Assessments, une intervention limitée coûterait au moins 60 milliards de dollars, sans compter les conséquences économiques mondiales.
Une opinion publique américaine réticente
Les sondages montrent que la majorité des Américains sont opposés à une nouvelle guerre au Moyen-Orient. Un récent sondage Reuters/Ipsos indique que 57% des personnes interrogées désapprouvent une action militaire contre l'Iran. Cette pression populaire renforce la position du général Milley, qui peut s'appuyer sur ce sentiment pour modérer les ardeurs du président.
L'ancien secrétaire à la Défense, Jim Mattis, avait déjà mis en garde contre une escalade. Dans ses mémoires, il écrit : « Nous devons éviter de nous engager dans un conflit que nous ne pouvons pas gagner rapidement et proprement. » Cette citation est souvent reprise par les partisans d'une approche diplomatique.
La stratégie de la tension maîtrisée
Le général Milley semble vouloir appliquer une stratégie de « tension maîtrisée » : maintenir une pression militaire suffisante pour dissuader l'Iran, tout en laissant des espaces de négociation. Cela implique des déploiements visibles, mais des frappes chirurgicales, et surtout une communication claire sur les lignes rouges.
Les experts estiment que cette approche a déjà montré des signes d'efficacité. L'Iran a temporairement suspendu ses enrichissements d'uranium à un niveau élevé, en signe d'apaisement. Mais la méfiance reste vive, et chaque incident peut tout faire basculer.
Quel avenir pour les relations américano-iraniennes ?
La question demeure : Trump écoutera-t-il son général ? Le président, connu pour son imprévisibilité, pourrait être tenté par une action spectaculaire pour renforcer son image en vue des élections de 2020. Mais il sait aussi que les conflits prolongés sont impopulaires.
Selon une source proche du dossier, « le général Milley a préparé plusieurs scénarios, allant de la simple démonstration de force à une frappe limitée sur les sites nucléaires. Il espère que le président choisira l'option la plus modérée ». En attendant, les forces américaines restent en alerte, prêtes à réagir à toute éventualité.



