Troisième nuit de frappes américaines en Iran, blocus naval rétabli
Troisième nuit de frappes US en Iran, blocus rétabli

Les États-Unis ont mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran, avant le rétablissement prévu ce mardi 14 juillet du blocus naval des ports iraniens, même si Donald Trump suggère qu'un accord avec Téhéran est encore « possible ».

Des « cibles militaires » visées par Washington

Pendant une mission de cinq heures, « les forces américaines ont frappé des cibles militaires » dans plusieurs villes portuaires du sud de l'Iran, comme Bouchehr et Bandar Abbas, a détaillé le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) dans la matinée. Quatre explosions ont été entendues près de Bandar Abbas, ville portuaire située sur le détroit d'Ormuz, selon l'agence de presse iranienne Irna.

Parmi les objectifs ciblés figurent « des systèmes de défense côtière, des installations de drones et de missiles et des moyens maritimes », selon le Centcom. « Nous allons les frapper fort ce soir, et nous allons les frapper fort demain », avait déclaré lundi Donald Trump dans une interview radio. Pour le président américain, les dirigeants iraniens « ne peuvent absolument rien faire contre » ces frappes.

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Téhéran revendique une opération à Bahreïn et en Jordanie

Comme la veille, les Gardiens de la Révolution iraniens ont, eux, revendiqué une opération à Bahreïn - entre autres contre un bâtiment hébergeant les troupes américaines sur la base de Juffair. Des explosions ont été entendues ce mardi à Manama, la capitale de Bahreïn, où des sirènes d'alerte aérienne ont retenti pour la troisième fois depuis l'aube.

« Les systèmes de défense aérienne (...) ont intercepté et détruit plusieurs attaques aériennes perfides menées par l'Iran ce matin, mardi », a indiqué l'armée bahreinie dans un communiqué, en accusant Téhéran de viser des civils. L'armée idéologique iranienne a aussi annoncé avoir ciblé en Jordanie « des installations clés et les forces américaines sur une base aérienne jordanienne », dans un communiqué cité par l'agence Tasnim. L'armée jordanienne a annoncé pour sa part l'interception de quatre missiles iraniens.

Ormuz toujours au cœur des tensions

Un navire a été visé par un missile en sortant du détroit d'Ormuz au large d'Oman, a rapporté l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO. « Un navire-citerne a signalé avoir été touché par un missile alors qu'il transitait en direction de la sortie sur la route sud », a dit l'UKMTO, en précisant que l'incident s'était produit lundi à 13 miles nautiques au sud-est de Limah, à Oman. Il n'était pas clair dans l'immédiat si cette attaque était la même que celle rapportée plus tôt par les Émirats arabes unis, qui ont dit que deux de leurs tankers avaient été visés par des missiles iraniens dans le détroit, tuant un membre d'équipage.

Donald Trump a annoncé sur Truth Social que les États-Unis prendraient le contrôle du détroit d'Ormuz et que le blocus des ports iraniens serait rétabli. Il entrera en vigueur ce mardi à 20 heures, selon l'armée américaine. Tout comme Téhéran souhaite instaurer un péage pour traverser Ormuz, le président américain a dit vouloir percevoir en échange de la protection du détroit « une rémunération correspondant à 20 % de la valeur des cargaisons », contraire au droit international censé garantir la liberté de navigation.

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, dont le pays a pris le contrôle du détroit au début de la guerre, a rétorqué sur X : « l'Iran a toujours été le gardien du détroit et le restera pour toujours ». Donald Trump « a tout à fait raison. Quiconque assure le passage sûr et sécurisé des navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz devrait être rémunéré », a-t-il ironisé, ajoutant : « 20 %, c'est évidemment trop. Nous serons équitables ». Les Gardiens de la Révolution iraniens ont accusé les États-Unis de mettre en péril l'approvisionnement mondial en pétrole.

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Un accord encore possible ?

Malgré ces échanges de frappes, Donald Trump a tout de même estimé, devant la presse à la Maison Blanche, qu'un accord avec l'Iran était encore « possible ». En début de semaine, il avait pourtant annoncé que le cessez-le-feu était « terminé ». La semaine dernière, le président américain a d'ailleurs envoyé une notice officielle au Congrès indiquant que le conflit avec l'Iran avait repris, a confirmé la Maison Blanche à l'AFP. Et au total, 25 personnes ont été tuées depuis mercredi, selon un décompte de l'AFP à partir des médias iraniens et sources officielles.

Pour le porte-parole de la diplomatie iranienne Esmaïl Baghaï, « il ne fait aucun doute » que le protocole d'accord « est en crise ». « Mais l'Iran n'a jamais été le premier à violer ses engagements », a-t-il tancé lors d'une conférence de presse lundi à Téhéran à laquelle assistait l'AFP. Les consultations avec les médiateurs que sont le Qatar, le Pakistan et Oman se poursuivent afin de « prévenir une escalade », a-t-il toutefois assuré.

Le protocole d'accord prévoyait la réouverture du détroit, Téhéran n'autorisant toutefois qu'un seul couloir de navigation, le long de ses côtes. « Ce passage stratégique est plus important que des dizaines de bombes atomiques, et la République islamique d'Iran le protégera », avait averti dimanche le conseiller militaire du guide suprême, Mohsen Rezaï.