Christian Egloff, 47 ans, violeur en série azuréen condamné en 2013 à Nice, a été remis en prison ce lundi 13 juillet 2026 après avoir reconnu avoir agressé une étudiante de 19 ans à Aix-en-Provence. Il était sorti de détention un mois plus tôt, après avoir purgé une peine de 18 ans de réclusion avec une période de sûreté de 12 ans. Ce scénario était redouté par ceux qui avaient suivi son procès.
Une agression rapide après la sortie de prison
Dans la nuit du 10 au 11 juillet, vers 1 h du matin, la victime, une étudiante de 19 ans, fuyait la chaleur de sa chambre universitaire en marchant. Selon le procureur de la République d'Aix, Jean-Luc Blachon, elle a croisé un homme, s'est sentie en insécurité et a pressé le pas pour rentrer. L'homme l'a rattrapée avec son véhicule et l'a contrainte de monter sous la menace. Il a ensuite roulé plusieurs kilomètres, l'a séquestrée et a commis des crimes sexuels.
Grâce aux informations fournies par la victime, les policiers aixois ont appréhendé Christian Egloff dès 4 h du matin. Il a avoué les faits lors de sa première audition. Depuis dimanche soir, il est mis en examen et incarcéré.
Un mode opératoire identique à celui de 2010
Un policier, stupéfait et atterré, a déclaré : « C'est exactement le même mode opératoire. Malheureusement, il n'a pas changé... » En 2010, entre juin et novembre, Egloff avait violé ou agressé des femmes âgées de 16 à 28 ans à Nice, parfois en les kidnappant. « Il avait un certain ascendant sur ces jeunes filles. Il leur faisait tellement peur qu'elles étaient persuadées qu'elles allaient mourir. Il les menaçait. Il avait un couteau. À tout moment, il aurait pu les tuer... », se souvient un policier.
Un procès en 2013 et une réinsertion jugée peu probable
Le 17 janvier 2013, la cour d'assises des Alpes-Maritimes l'avait condamné à 18 ans de réclusion avec une période de sûreté de 12 ans. Il avait été acquitté pour un seul fait contesté, au bénéfice du doute. Me Julien Darras, avocat d'une victime, avait alors déclaré : « C'était le profil type du prédateur qui repère ses proies et va se jeter sur elles au hasard. » Interrogé sur la récidive, il a indiqué : « J'étais dubitatif sur ses chances de réinsertion. Il n'avait laissé apparaître que peu d'empathie envers ses victimes. Il avait eu du mal à interroger son comportement. Au regard de son attitude lors du procès, c'est la chronique d'une récidive annoncée. »
Un suivi socio-judiciaire transgressé
Christian Egloff a purgé plus de 15 ans de prison, bien au-delà de la période de sûreté. Les jurés avaient ordonné un suivi socio-judiciaire de sept ans, qui a débuté le 6 juin, jour de sa sortie. Mais il l'a rapidement transgressé. Le procureur d'Aix a souligné que « afin de préparer sa sortie de prison, les six derniers mois de sa détention avaient été exécutés sous le régime du placement extérieur sans incident. »
Pour Me Darras, cette nouvelle affaire « pose la question de la prise en charge des délinquants en détention, par manque de médecins, de psychologues. Cela veut dire qu'elle a été soit nulle, soit inefficace. Les personnes sont peut-être privées de liberté mais, pendant ce temps-là, elles ne se soignent pas. C'est dramatique ! » Il y voit aussi « un constat d'échec » dans la réponse apportée par l'État aux victimes : « Quand elles déposent plainte, elles le font pour elles, mais aussi qu'il n'y en ait pas d'autres. »
La perpétuité encourue
Un policier a relevé un certain « détachement » chez Egloff par rapport aux faits : « Comme tous les prédateurs, il ne se glorifiait pas de ce qu'il avait fait, mais il reconnaissait sa pulsion. On se dit souvent : celui-là, le jour où il sort, il recommencera. » Christian Egloff a recommencé. En état de récidive légale, il encourt cette fois la perpétuité.



