Éthiopie : frappes de drones, spectre d'une nouvelle guerre au Tigré
Éthiopie : frappes de drones, spectre d'une nouvelle guerre

Des frappes de drones ont visé des positions de l'armée éthiopienne dans la région du Tigré, dans le nord du pays, ravivant le spectre d'une nouvelle guerre dans cette zone déjà meurtrie par un conflit meurtrier. Les frappes, qui ont eu lieu dans la nuit de dimanche à lundi, ont fait des victimes et des blessés, selon des sources locales et des habitants.

Des frappes attribuées au Front de libération du peuple du Tigré

Les frappes ont été attribuées au Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), le parti qui contrôle la région et qui a été en guerre contre le gouvernement fédéral de 2020 à 2022. Selon des habitants et des sources locales, les drones ont visé des positions de l'armée éthiopienne dans la ville de Sheraro, située dans la zone du Tigré occidental. Les frappes ont fait au moins trois morts et plusieurs blessés, selon un bilan provisoire.

Le TPLF n'a pas revendiqué les frappes, mais des responsables locaux ont accusé le groupe d'être responsable. Le gouvernement éthiopien n'a pas encore réagi officiellement. Ces frappes interviennent dans un contexte de tensions croissantes entre le gouvernement fédéral et le TPLF, qui n'a pas désarmé ses combattants malgré l'accord de paix signé en novembre 2022.

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Un accord de paix fragile

L'accord de paix, signé à Pretoria sous l'égide de l'Union africaine, a mis fin à deux ans de guerre qui a fait des centaines de milliers de morts et déplacé des millions de personnes. Mais l'accord est fragile, et les deux parties s'accusent mutuellement de ne pas le respecter. Le gouvernement fédéral accuse le TPLF de ne pas avoir désarmé ses combattants, tandis que le TPLF accuse le gouvernement de bloquer l'aide humanitaire et de ne pas avoir retiré ses troupes de certaines zones.

Les frappes de drones de dimanche soir sont les plus graves depuis la signature de l'accord de paix. Elles pourraient compromettre le processus de paix et raviver les tensions dans une région déjà fortement fragilisée. Selon l'ONU, plus de 90 % de la population du Tigré a besoin d'aide humanitaire, et des centaines de milliers de personnes sont toujours déplacées.

Des conséquences humanitaires désastreuses

La région du Tigré est toujours en proie à une grave crise humanitaire. Les hôpitaux manquent de médicaments, les écoles sont fermées et la famine menace des millions de personnes. Les frappes de drones pourraient aggraver encore la situation, en obligeant les habitants à fuir à nouveau et en entravant l'acheminement de l'aide humanitaire.

Les autorités éthiopiennes ont appelé au calme et à la retenue, mais la méfiance reste grande entre les deux parties. Le TPLF a prévenu qu'il répondrait à toute attaque, et le gouvernement fédéral a renforcé sa présence militaire dans la région. La communauté internationale a exprimé sa préoccupation et a appelé au dialogue.

Les frappes de drones de dimanche soir constituent un sérieux revers pour le processus de paix. Elles montrent que la paix est encore fragile et que le risque d'une reprise des hostilités est réel. La communauté internationale doit redoubler d'efforts pour soutenir la mise en œuvre de l'accord de paix et éviter une nouvelle catastrophe humanitaire.

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