Retrait russe de la convention anti-torture : un expert évoque un "chantage"
Retrait russe de la convention anti-torture : "chantage"

La Russie a officialisé ce mardi 30 septembre son retrait de la Convention européenne pour la prévention de la torture, créée par le Conseil de l'Europe, dont Moscou avait été exclu en mars 2022 après son offensive en Ukraine. Cette décision illustre l'éloignement accru de la Russie vis-à-vis de l'Occident. Ulrich Bounat, analyste géopolitique spécialiste de l'Europe centrale et de l'Est, a répondu aux questions de Midi Libre.

Un geste symbolique mais lourd de conséquences

Le fossé se creuse encore un peu plus entre la Russie et l'Occident. Moscou a acté la décision de se retirer de la Convention européenne pour la prévention de la torture, créée par le Conseil de l'Europe, dont elle a été exclue en mars 2022, après son offensive en Ukraine. "On est plus dans le domaine du symbole. Mais dans les faits, ça ne changera rien pour les gens en prison en Russie qui étaient déjà torturés de façon générale", déclare Ulrich Bounat, analyste géopolitique.

Une méthode classique dans les prisons russes

"Il s'agit d'une méthode assez classique dans les prisons russes, avant 2022, et encore plus depuis qu'il n'y avait plus aucun contrôle dans les prisons de la part du Conseil de l'Europe", explique-t-il. Et d'ajouter : "C'est sans doute un peu une forme de chantage de la part des Russes. Dans cette dénonciation des traités, c'est faire peur en disant que si la Russie devenait, on va dire, un État complètement voyou, ne respectant aucune norme, ça poserait de véritables problèmes internationaux."

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Un problème de fond pour la population russe

Ce retrait ne concerne donc pas uniquement les prisonniers ukrainiens. La population russe est elle aussi en première ligne. Il s'agit d'un "problème de fond qui n'avait jamais vraiment été complètement résolu, même quand la Russie a adhéré pour la prévention de la torture", explique le spécialiste.

Une tendance à s'affranchir du droit international

Alors que la Russie dispose d'une place au sein du Conseil de sécurité de l'ONU et d'une voix qui porte, on pourrait imaginer que d'autres pays suivent son initiative. "Un certain nombre de pays décident désormais de s'affranchir complètement de l'ensemble du droit international", appuie Ulrich Bounat. "Il y a une tendance de fond dans ces régimes à considérer qu'en quelque sorte, les droits de l'homme, la démocratie, ce sont des normes qui ne sont pas universelles, mais qui ont été imposées par les Occidentaux", poursuit-il.

Peu de risque de contagion

Pour autant, selon Ulrich Bounat, il y a peu de chances que d'autres pays suivent l'exemple russe. Et pour cause : "On est entre pays occidentaux au sein du Conseil de l'Europe. Si un autre pays décidait d'en sortir, je pense qu'il subirait les foudres de l'ensemble des autres partis membres, et notamment des pays de l'Union Européenne", estime l'expert.

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