Retour de la solution à deux États chez les électeurs anti-Netanyahou
Retour de la solution à deux États chez les électeurs anti-Netanyahou

À moins de quatre mois des élections législatives israéliennes, une nouvelle étude révèle un changement notable dans l'électorat de l'opposition anti-Netanyahou. Selon cette enquête, les partisans des formations centristes et de droite opposées à Benyamin Netanyahou sont désormais bien plus enclins à soutenir la solution à deux États, un concept longtemps absent des débats politiques.

Un retour inattendu de la question palestinienne

La question palestinienne avait quasiment disparu des meetings électoraux des partis centristes israéliens et des formations de droite anti-Netanyahou. Pourtant, le sujet a des conséquences concrètes sur la vie des Israéliens : chaque année, des dizaines de millions de shekels du budget national sont consacrés au développement des colonies, aux infrastructures routières et énergétiques, ainsi qu'à la sécurité des colons en Cisjordanie, territoire palestinien occupé depuis 1967.

L'étude, menée par l'Institut israélien de la démocratie, montre que 62 % des électeurs de l'opposition soutiennent désormais la création d'un État palestinien aux côtés d'Israël, contre seulement 38 % il y a deux ans. Ce revirement s'explique en partie par la lassitude vis-à-vis du statu quo et par la volonté de proposer une alternative crédible à Netanyahou.

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Un électorat en quête de solutions

« Les électeurs anti-Netanyahou ne sont plus seulement unis par le slogan 'tout sauf Bibi'. Ils recherchent des propositions concrètes pour l'avenir, et la paix avec les Palestiniens en fait partie », explique le politologue Yohanan Plesner, président de l'Institut israélien de la démocratie. Cette tendance se manifeste particulièrement chez les jeunes électeurs et les habitants des zones urbaines, qui sont plus ouverts à des compromis territoriaux.

Les dirigeants de l'opposition, comme Yaïr Lapid et Naftali Bennett, ont jusqu'à présent évité de s'engager fermement sur ce sujet. Cependant, face à la pression de leur base, certains commencent à évoquer la possibilité d'une reprise des négociations. « Nous devons être réalistes. La solution à deux États est la seule voie viable pour garantir la sécurité d'Israël et son caractère juif et démocratique », a déclaré Lapid lors d'un récent meeting à Tel-Aviv.

Un défi pour Netanyahou

Ce retour de la solution à deux États dans le débat public constitue un défi pour Netanyahou, qui a fait de l'opposition à un État palestinien un pilier de sa campagne. Le Premier ministre sortant mise sur la sécurité et la poursuite de la colonisation pour conserver son électorat. « Un État palestinien serait un État terroriste aux portes de Tel-Aviv », a-t-il averti lors d'un rassemblement à Jérusalem.

Les prochaines élections, prévues pour novembre 2026, s'annoncent donc comme un référendum sur la question palestinienne. Selon les sondages, l'opposition dispose d'une avance de 5 points sur le Likoud, mais la fragmentation politique pourrait compliquer la formation d'un gouvernement. L'étude suggère que les électeurs sont prêts à faire de la paix une priorité, à condition que les partis d'opposition proposent un plan crédible.

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