Ratko Mladić, ancien chef militaire des Serbes de Bosnie, condamné en 2017 pour génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre, est mort à l'âge de 84 ans. L'information a été confirmée par son fils, Darko Mladić, à l'agence de presse serbe Tanjug, ce mardi 1er juin 2021. Le décès est survenu alors qu'il purgeait une peine de prison à perpétuité à La Haye, aux Pays-Bas.
Un parcours militaire marqué par la guerre de Bosnie
Né le 12 mars 1942 à Božanovići, dans l'actuelle Bosnie-Herzégovine, Ratko Mladić a gravi les échelons de l'Armée populaire yougoslave avant de devenir commandant des forces serbes de Bosnie pendant le conflit de 1992 à 1995. Il a été l'un des principaux acteurs du siège de Sarajevo, qui a fait plus de 10 000 morts parmi les civils.
Son nom reste surtout associé au massacre de Srebrenica, en juillet 1995, où environ 8 000 hommes et adolescents musulmans ont été exécutés par les forces sous son commandement. Ce massacre a été qualifié de génocide par la justice internationale, une première en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale.
Une condamnation historique pour génocide
Après des années de cavale, Ratko Mladić a été arrêté en Serbie en 2011, puis transféré au Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) à La Haye. En novembre 2017, il a été reconnu coupable de génocide, de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre, et condamné à la réclusion à perpétuité. La peine a été confirmée en appel en juin 2021, quelques jours avant sa mort.
Le verdict avait été salué comme une victoire pour la justice internationale, mais aussi comme un moment douloureux pour les familles des victimes, qui attendaient depuis plus de deux décennies une reconnaissance officielle des faits.
Des réactions contrastées après l'annonce de sa mort
L'annonce de sa mort a suscité des réactions contrastées. En Bosnie, les associations de victimes ont exprimé leur soulagement, tout en rappelant que la souffrance des familles reste entière. En Serbie, certains médias et responsables politiques ont rendu hommage à celui qu'ils considèrent encore comme un héros de guerre, malgré les condamnations internationales.
Le TPIY a confirmé que Mladić était décédé à l'hôpital de La Haye, sans préciser la cause du décès. Son fils Darko a indiqué qu'il avait été informé de son décès, mais n'a pas donné plus de détails. La mort de Ratko Mladić clôt un chapitre judiciaire majeur, mais la réconciliation dans les Balkans demeure un processus inachevé, marqué par des mémoires divisées.



