Un porte-parole des rebelles du M23 tué dans une frappe de drone en RDC
Willy Ngoma, alors porte-parole du groupe rebelle M23, à Goma, dans l'est de la République démocratique du Congo, le 29 janvier 2025. THOMAS MUKOYA/REUTERS
Un porte-parole des rebelles du M23 soutenus par le Rwanda, qui combattent dans l'est de la République démocratique du Congo, a été tué dans une frappe de drone, ont déclaré mardi 24 février un responsable local de l'Organisation des Nations unies et un groupe de défense des droits humains. Cet événement tragique exacerbe considérablement les tensions déjà vives autour du conflit dans la région, d'autant plus que les négociations pour la paix se sont enlisées récemment.
Les circonstances précises de l'attaque
Willy Ngoma, un officier supérieur profondément impliqué dans les opérations du M23 dans l'est de la RDC, a été tué selon ces sources dans une frappe de drone avant l'aube près de la ville minière de Rubaya, située dans la province du Nord-Kivu. Le responsable local de l'ONU et un coordinateur de l'organisation de défense des droits humains travaillant dans la région se sont entretenus avec l'Associated Press sous couvert d'anonymat, craignant légitimement pour leur vie en raison du climat de violence ambiant.
Des habitants ont déclaré à l'AP que la frappe de drone visait une zone qui servait depuis quelques semaines d'enclave au M23, soulignant ainsi la précision de l'attaque. Pour le moment, aucune information n'a été communiquée concernant les auteurs de cette attaque, et ni le M23 ni les autorités n'ont répondu aux questions de l'AP, laissant planer un voile de mystère sur les responsabilités.
Contexte d'un conflit qui s'intensifie
Le conflit, qui dure depuis des décennies dans cette région, s'est intensifié de manière significative en janvier après que les rebelles ont réalisé une avancée sans précédent dans les villes-clés de Goma et Bukavu. Cette progression a étendu leur contrôle sur plusieurs villes et villages de cette région durement touchée par les violences et l'instabilité chronique.
Malgré les efforts pour la paix du président américain, Donald Trump, et du Qatar, les affrontements se sont poursuivis ces dernières semaines, montrant la complexité et la persistance des hostilités. Les deux parties s'accusent mutuellement d'avoir violé les termes d'un cessez-le-feu conclu avec l'aide de partenaires étrangers et régionaux, ce qui contribue à alimenter un cycle de méfiance et de violence.
Cet incident intervient dans un contexte où les rebelles du M23 ont démontré leur capacité à frapper en profondeur la RDC, comme en témoigne l'attaque sur l'aéroport de Kisangani. De plus, dans les rues bondées de Goma, ville conquise par le M23 depuis un an, les traumatismes hantent les esprits des habitants, rappelant les conséquences humaines dévastatrices de ce conflit prolongé.



