Plusieurs coups de feu ont été entendus mercredi soir au Sénat des Philippines. Au moins cinq détonations ont retenti, quelques minutes après l’entrée de plusieurs soldats philippins, armés de fusils et de gilets pare-balles, selon des journalistes de l’AFP présents sur place.
Un ex-chef de la police retranché
Le principal responsable de la lutte contre la drogue sous la présidence de Rodrigo Duterte, recherché par la Cour pénale internationale (CPI), s’est réfugié dans la chambre haute. Ronald Dela Rosa, sénateur en exercice et ex-chef de la police, y est caché depuis trois jours dans l’espoir d’échapper à son arrestation, alors que le gouvernement tente de mettre en œuvre le mandat d’arrêt international délivré par la CPI en novembre dernier.
« Nous sommes attaqués »
« Nous sommes attaqués », a déclaré le président du Sénat Alan Peter Cayetano, allié de Dela Rosa, dans une vidéo diffusée en direct sur sa page Facebook, sans fournir plus de précisions. Robin Padilla, un sénateur également allié de Dela Rosa, a ensuite été vu en train de monter les escaliers tout en demandant aux journalistes de quitter les lieux.
Ronald Dela Rosa avait auparavant exhorté l’armée à mettre fin aux tentatives du gouvernement visant à l’arrêter et à l’extrader vers les Pays-Bas pour y être jugé pour crimes contre l’humanité. Plus connu sous son surnom de « Bato », il a été désigné par la CPI comme coauteur dans la guerre contre la drogue de l’ancien président Rodrigo Duterte et est également accusé de crimes contre l’humanité pour meurtre.
Au moins 76 meurtres
Ronald Dela Rosa a exhorté ses « camarades en uniforme » et ses anciens camarades de classe de l’Académie militaire des Philippines, qui forme la majeure partie du corps des officiers des forces armées, à « faire entendre leur voix » pour que le gouvernement du président Ferdinand Marcos ne le « livre pas aux étrangers ».
L’ancien président philippin Rodrigo Duterte a été arrêté à Manille le 11 mars 2025 et est actuellement détenu à la prison de Scheveningen, à La Haye. Les procureurs de la cour lui reprochent d’être impliqué dans au moins 76 meurtres liés à cette « guerre » qui aurait fait des milliers de victimes.



