Au troisième jour de son procès pour corruption passive, trafic d'influence passif et recel d'abus de pouvoir et d'abus de confiance, Rachida Dati a de nouveau été interrogée par les juges du tribunal correctionnel de Paris, lundi 21 septembre. La maire du 7e arrondissement de Paris encourt jusqu'à dix ans de prison, cinq ans d'inéligibilité et 450 000 euros d'amende, soit la moitié des honoraires perçus dans le cadre de son contrat avec le groupe Renault.
Une défense centrée sur la réalité du travail d'avocate
Interrogée pour la deuxième fois après un premier interrogatoire de trois heures jeudi, l'ex-ministre de la Culture a réaffirmé la nature de sa mission. « J'ai signé un contrat d'avocate et j'ai exercé comme avocate », a-t-elle assuré devant les juges. Elle n'a toutefois pas été en mesure de fournir de document attestant de son travail. À ce sujet, elle s'est défendue : « Il y a des éléments que je ne pouvais pas garder, et ce n'est pas une infraction pénale ! »
La question centrale du procès consiste à déterminer si les 900 000 euros perçus entre 2009 et 2012 étaient réellement des honoraires d'avocate ou s'ils rémunéraient des interventions liées à son mandat d'eurodéputée. L'accusée a affirmé que Carlos Ghosn, l'ancien PDG de Renault-Nissan, était tout à fait au courant des modalités de la convention d'honoraires signée. Cependant, celui-ci, également poursuivi dans cette affaire mais en fuite au Liban, n'a pas pu confirmer ces déclarations.
Conflit d'intérêts et contacts avec des lobbyistes niés
Interrogée sur la possibilité d'un conflit d'intérêts entre son activité d'avocate et son rôle de députée européenne, Rachida Dati a répondu n'avoir « jamais été en situation de conflit d'intérêts ». Elle a également ajouté n'avoir « jamais eu aucun contact avec aucun lobbyiste ».
La fin des audiences est fixée au 28 septembre. Le tribunal annoncera à ce moment-là la date du verdict. Ce procès, qui se tient en l'absence de Carlos Ghosn, jugé par contumace, doit déterminer si les activités de lobbying illégal pour Renault ont été dissimulées sous couvert d'honoraires d'avocate.



