La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a proposé, mercredi 16 septembre à Strasbourg, de faire du Canada le « premier membre associé » de l’Union européenne. Cette annonce, faite en présence du Premier ministre canadien Mark Carney, marque une initiative inédite pour l’UE, qui n’a jamais accordé de statut intermédiaire d’appartenance.
Une proposition historique pour les relations UE-Canada
Dans son discours annuel sur l’état de l’Union devant le Parlement européen, Ursula von der Leyen a déclaré : « Nous voulons élever les relations avec le Canada au plus haut niveau possible […] Je voudrais donc œuvrer avec vous à la possibilité pour le Canada de devenir le premier membre associé de l’UE. » Cette proposition intervient alors que le Canada cherche à se rapprocher de l’Europe, dans un contexte de dégradation marquée de ses relations avec les États-Unis.
Mark Carney, qui doit prononcer un discours à Strasbourg jeudi, a indiqué en début de semaine que le Canada souhaitait nouer une « alliance unique » avec l’UE, sans pour autant y adhérer. Cette volonté de rapprochement fait suite à l’échec des discussions commerciales entre le Canada et les États-Unis en août, les deux pays ayant multiplié les mesures de représailles réciproques.
Un partenariat stratégique face aux fractures internationales
Ursula von der Leyen a justifié cette initiative en soulignant que « les partenariats sont un choix stratégique pour l’Europe. Mais ils répondent aussi aux fractures du système international fondé sur des règles ». Elle a ajouté : « Nous voyons le monde avec le même regard : de l’IA au changement climatique, de l’Arctique aux questions géopolitiques. Et nous sommes solidaires : sur l’Ukraine, sur la défense, sur les matières premières et les chaînes d’approvisionnement. Mais par-dessus tout […] l’Europe et le Canada croient en la démocratie. »
La présidente de la Commission a également énuméré les domaines de coopération envisagés : « Nous travaillerons sur une industrie intelligente. Nous créerons une alliance technologique. Nous intégrerons nos bases de défense industrielles. Nous ferons de l’Arctique un projet commun phare. » Elle a pris soin de préciser que ce « partenariat n’est dirigé contre personne d’autre », alors que le président américain Donald Trump multiplie les attaques verbales et les droits de douane contre le Canada et l’UE depuis son retour à la Maison Blanche début 2025.
Un conseil de sécurité européen pour faire face aux menaces
Dans le même discours, Ursula von der Leyen a proposé la création d’un conseil de sécurité européen pour mieux faire face aux menaces croissantes visant le continent, notamment de la part de la Russie. Ce conseil travaillerait en étroite collaboration avec des partenaires tels que le Canada, la Norvège, le Royaume-Uni ou l’Ukraine.
« La foi de l’Europe dans la coopération a toujours été motivée par la paix. C’est notre raison d’être. Aujourd’hui, cette paix est menacée. La guerre d’agression de la Russie contre l’Ukraine fait rage. Et les menaces s’accumulent sur notre sol », a déclaré la présidente de la Commission, citant notamment la tentative d’attaque de drone sur l’aéroport de Leipzig début août, attribuée à la Russie par l’Allemagne. Elle a ajouté : « Nous ne devons nourrir aucune illusion sur ce qui est en train de se passer : les menaces hybrides auxquelles l’Europe est confrontée sont de moins en moins hybrides et de moins en moins des menaces », évoquant les cyberattaques, les actes de sabotage, les incendies et les incursions de drones observés dans plusieurs pays.
Le discours a également abordé d’autres initiatives aux contours encore flous, concernant l’intelligence artificielle, l’accès aux terres rares, les relations avec la Chine, la lutte contre les feux de forêt, le soutien aux agriculteurs, l’immigration ou encore l’accès des enfants aux réseaux sociaux, avec un projet d’interdiction aux moins de 13 ans.



