Pêcheurs bretons capturent drones russes en Ukraine avec leurs filets
Pêcheurs bretons capturent drones russes en Ukraine

Depuis plusieurs mois, des pêcheurs bretons déployés en Ukraine utilisent leurs filets de pêche pour intercepter des drones russes, une initiative qui a déjà sauvé des vies civiles, rapporte Le Monde dans un article publié le 19 juillet 2026.

Une technique de pêche inédite

Ces marins, originaires de petits ports bretons comme Le Guilvinec ou Douarnenez, font partie d'un programme de soutien civil à l'Ukraine. Leur méthode consiste à tendre de grands filets au-dessus de zones habitées, conçus pour piéger les drones de reconnaissance et de combat russes. Selon le reportage, au moins 15 drones ont été neutralisés de cette manière en un mois, évitant des frappes sur des villages de la région de Kharkiv.

« Si on peut aider des civils à ne pas se faire tuer, c'est notre devoir », déclare Yann Le Goff, un pêcheur de 52 ans interrogé par le journal. Il précise que l'idée est née d'une discussion avec des soldats ukrainiens, qui cherchaient des solutions low-tech face aux essaims de drones russes.

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Un impact concret sur le terrain

Les filets, d'une longueur de 200 mètres, sont suspendus entre des poteaux ou des bâtiments, créant une barrière invisible pour les drones. Les engins volant à basse altitude (souvent moins de 100 mètres) s'emmêlent dans les mailles et chutent au sol, où ils sont récupérés par les forces ukrainiennes. Cette technique a permis de protéger des écoles et des marchés, selon des témoignages locaux.

Le ministère ukrainien de la Défense a confirmé l'efficacité de cette méthode, soulignant qu'elle a réduit de 30 % les frappes de drones dans certains secteurs. Les pêcheurs bretons travaillent en étroite collaboration avec des unités de défense territoriale, qui leur fournissent des informations sur les trajectoires des drones.

Une mobilisation civile inattendue

Cette initiative s'inscrit dans un mouvement plus large de solidarité bretonne envers l'Ukraine. Depuis 2022, des associations comme « Bretagne-Ukraine » ont envoyé du matériel médical et des véhicules. Mais l'idée des filets est unique. « Nous ne sommes pas des soldats, mais nous connaissons la mer et les filets. C'est notre manière de contribuer », ajoute un autre pêcheur, Pierre Kervella.

Les autorités russes n'ont pas commenté ces opérations. Cependant, des experts militaires interrogés par Le Monde estiment que cette méthode pourrait inspirer d'autres initiatives civiles dans les zones de conflit. « C'est un exemple parfait de résilience et d'ingéniosité », analyse le général à la retraite Jean-Pierre Perrin.

Des risques pour les pêcheurs

L'opération n'est pas sans danger. Les pêcheurs travaillent souvent à proximité des lignes de front, exposés aux tirs d'artillerie. « On entend les explosions tous les jours, mais on tient le coup », confie Yann Le Goff. Le groupe a déjà perdu un filet détruit par un obus, mais aucun blessé n'est à déplorer.

Cette histoire illustre comment des compétences traditionnelles peuvent trouver une utilité inattendue dans la guerre moderne. Les pêcheurs bretons, sans formation militaire, sont devenus des acteurs clés de la protection civile en Ukraine.

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