Les familles des otages français détenus au Sahel et au Maghreb ont organisé une journée de mobilisation nationale le 28 septembre 2025, afin de maintenir la pression sur les autorités et de sensibiliser l'opinion publique. Selon le collectif « Les Otages », créé en 2023, au moins sept ressortissants français sont actuellement retenus en otage dans la région, dont quatre dans le Sahel et trois au Maghreb.
Une journée de mobilisation symbolique
À Paris, plusieurs rassemblements ont eu lieu devant l'Assemblée nationale et le ministère des Affaires étrangères. Les proches des otages ont déposé des gerbes de fleurs et lu des lettres ouvertes adressées au président de la République. « Nous demandons que la France fasse tout son possible pour ramener nos proches, a déclaré Marie-Claire, mère d'un otage détenu au Mali depuis 2021. Chaque jour qui passe est une épreuve insoutenable. »
Le collectif a également lancé une pétition en ligne qui a déjà recueilli plus de 150 000 signatures, exigeant la création d'un poste de médiateur spécial pour les otages. Selon les familles, cette demande est restée sans réponse depuis deux ans.
Les otages français dans la région
Parmi les otages figurent notamment un humanitaire enlevé au Niger en 2023, un journaliste détenu au Burkina Faso depuis 2022, et deux coopérants capturés au Mali. Au Maghreb, un touriste français est retenu en Libye depuis 2024, et un couple franco-algérien est emprisonné en Algérie pour des motifs politiques.
Les autorités françaises ont confirmé que des négociations sont en cours, mais refusent de donner des détails pour ne pas compromettre les discussions. Le ministère des Affaires étrangères a réaffirmé son engagement : « La France ne ménage aucun effort pour obtenir la libération de ses ressortissants, en lien avec les pays de la région et nos partenaires internationaux. »
Un contexte sécuritaire dégradé
La situation sécuritaire au Sahel s'est fortement dégradée depuis le retrait des troupes françaises en 2022, laissant le champ libre à des groupes djihadistes affiliés à Al-Qaïda et à l'État islamique. Les prises d'otages se sont multipliées, souvent à des fins de rançon ou de marchandage politique.
Selon un rapport de l'ONU publié en juin, le nombre d'enlèvements dans la région a augmenté de 30 % en un an. Cette insécurité croissante complique les opérations de renseignement et de sauvetage.
La France en première ligne
La France dispose d'une cellule de crise dédiée aux otages, qui coordonne les actions diplomatiques et les éventuelles opérations militaires. Cependant, les familles dénoncent un manque de transparence et d'information. « Nous sommes souvent informés par la presse, regrette Jean-Pierre, frère d'un otage. Nous demandons un rendez-vous régulier avec le président. »
Des personnalités politiques, notamment de l'opposition, ont apporté leur soutien aux familles lors de la journée de mobilisation. Certaines ont appelé à une révision de la stratégie française dans la région, prônant un dialogue renforcé avec les autorités locales.
L'impact sur les proches
Au-delà de l'angoisse quotidienne, les familles doivent faire face à des difficultés financières et psychologiques. Le collectif « Les Otages » propose un accompagnement psychologique et juridique, mais ses moyens restent limités. Une cagnotte solidaire a été lancée pour aider les familles à financer leurs déplacements et leurs démarches.
« Nous ne lâcherons rien, insiste Marie-Claire. Nous savons que la France a les moyens de faire bouger les choses. Nous attendons des actes, pas des paroles. »
Vers une issue ?
Alors que la journée de mobilisation s'est achevée, les familles ont annoncé qu'elles organiseraient une nouvelle action le 28 octobre, devant le Palais de l'Élysée. Elles espèrent que cette pression constante finira par aboutir à une avancée décisive. En attendant, elles restent unies et déterminées, portées par l'espoir de revoir leurs proches.



