La Fresque du climat placée en procédure de sauvegarde
La Fresque du climat en procédure de sauvegarde

L'association La Fresque du climat, connue pour ses ateliers de sensibilisation aux enjeux climatiques, a été placée en procédure de sauvegarde. Selon Les Échos, l'organisation doit 3,4 millions d'euros à ses créanciers, une situation qui a conduit à cette décision judiciaire. La procédure, ouverte par le tribunal judiciaire de Paris, vise à permettre à l'association de poursuivre son activité tout en renégociant ses dettes.

Une croissance rapide, des difficultés financières

Fondée en 2018 par Cédric Ringenbach, La Fresque du climat a connu une croissance fulgurante. L'atelier, qui se présente comme un jeu collaboratif de 3 heures, a été suivi par plus de 1,5 million de participants à travers le monde. L'association a formé des milliers d'animateurs bénévoles et a développé une communauté de plus de 80 000 personnes.

Cette expansion rapide a toutefois engendré des coûts importants, notamment en termes de structuration et de développement. L'association a investi dans des outils numériques, des formations et des équipes salariées, ce qui a creusé son déficit. Les difficultés se sont accentuées avec la fin des financements publics liés à la crise sanitaire, qui avaient permis de soutenir l'activité en 2020 et 2021.

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Une procédure pour sauver l'activité

La procédure de sauvegarde, contrairement au redressement judiciaire, intervient alors que l'association n'est pas encore en cessation de paiements. Elle permet de geler les dettes et de mettre en place un plan de redressement sur plusieurs années. Pour La Fresque du climat, l'objectif est de préserver l'emploi de ses 25 salariés et de continuer à diffuser son outil pédagogique.

Dans un communiqué, l'association a indiqué que cette procédure était une « étape nécessaire pour assainir sa situation financière » et qu'elle ne remettait pas en cause ses activités. Elle a également souligné que les ateliers, souvent organisés dans des entreprises, des écoles et des collectivités, continueraient d'être proposés.

Un modèle économique à revoir

La Fresque du climat repose sur un modèle économique original : les ateliers sont animés par des bénévoles, mais l'association facture des licences aux structures qui les utilisent. Ce système a permis de diffuser largement l'outil, mais il n'a pas généré suffisamment de revenus pour couvrir les charges de fonctionnement.

Selon un rapport interne, les revenus de licences ne représentaient que 40 % des recettes totales en 2025, le reste provenant de dons et de subventions. Or, ces financements sont devenus plus rares. L'association devra donc repenser son modèle, peut-être en augmentant le prix des licences ou en développant des offres payantes pour les entreprises.

La communauté mobilisée

Face à ces difficultés, la communauté des animateurs bénévoles, très attachée à l'outil, s'est mobilisée. Certains ont proposé des dons, d'autres des conseils juridiques ou financiers. Une pétition en ligne a même recueilli plus de 10 000 signatures pour soutenir l'association.

Cette mobilisation pourrait aider La Fresque du climat à sortir de cette mauvaise passe. La procédure de sauvegarde dure généralement entre 6 et 18 mois, et un plan de redressement peut s'étaler sur 10 ans. L'association espère ainsi retrouver une stabilité financière tout en poursuivant sa mission de sensibilisation.

Un symbole pour le mouvement climatique

La Fresque du climat est souvent citée comme un exemple de pédagogie innovante sur le changement climatique. Son atelier, basé sur les rapports du GIEC, a été utilisé dans de nombreuses entreprises et institutions. Sa mise en difficulté interroge sur la viabilité économique des associations de l'économie sociale et solidaire, souvent dépendantes de financements publics ou de la générosité des bénévoles.

Cédric Ringenbach, le fondateur, a déclaré : « Cette procédure est une épreuve, mais nous sommes déterminés à en sortir plus forts. La Fresque du climat a encore un rôle à jouer. » Une détermination qui pourrait inspirer d'autres acteurs de la transition écologique.

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