Le 15 septembre 2025, des officiers de l'armée américaine ont participé en tant qu'observateurs aux manœuvres militaires conjointes de la Russie et de la Biélorussie, baptisées Zapad-2025. Il s'agit d'une première depuis que Moscou a utilisé le territoire biélorusse pour lancer son invasion à grande échelle de l'Ukraine en février 2022.
Un rapprochement inédit entre Washington et Minsk
Cette présence américaine illustre le rapprochement entrepris par le président Donald Trump avec le principal allié de la Russie. Elle intervient moins d'une semaine après une incursion de drones russes présumés en Pologne, pays membre de l'Otan, que le chef de la Maison-Blanche a présentée comme le résultat d'une possible erreur.
John Coale, représentant de Donald Trump, a effectué une visite à Minsk la semaine dernière, au cours de laquelle il a déclaré que le président américain comptait rouvrir l'ambassade américaine dans la capitale biélorusse, normaliser les relations bilatérales et revitaliser les échanges commerciaux. L'armée américaine n'a pas répondu dans l'immédiat à une demande de commentaire.
Les motivations de Washington
Certains observateurs occidentaux supposent que Donald Trump pourrait chercher à soustraire la Biélorussie de l'influence de son grand voisin russe, une tentative largement considérée comme vaine. D'autres estiment que le président américain tente d'exploiter la proximité entre Minsk et Moscou pour promouvoir auprès du Kremlin l'idée d'un accord de paix en Ukraine.
Au moins deux officiers américains, le lieutenant-colonel de l'armée de l'air Bryan Shoup et un autre non identifié, se sont rendus en Biélorussie pour observer les manœuvres Zapad-2025. Le vice-ministre russe de la Défense, Iounous-bek Evkourov, y a également assisté.
La Biélorussie, alliée de longue date de la Russie
La Biélorussie est voisine de trois pays membres de l'Otan – la Pologne, la Lituanie et la Lettonie – à l'ouest, et de l'Ukraine au sud. Allié de longue date de Vladimir Poutine, le président biélorusse Alexandre Loukachenko a autorisé la Russie à stationner des missiles nucléaires tactiques sur son sol et se prépare à accueillir le nouveau missile hypersonique russe Orechnik.
Parallèlement, Alexandre Loukachenko tente de restaurer ses relations avec les États-Unis après des années de sanctions américaines et européennes. La semaine dernière, il a libéré 52 prisonniers à la demande de Donald Trump et a déclaré soutenir le président américain dans ses efforts pour résoudre une série de conflits internationaux. En échange, Donald Trump a levé des sanctions qui pesaient sur la compagnie aérienne nationale Belavia, l'autorisant à acheter des composants pour sa flotte, qui comprend des appareils Boeing.



