Le roman Houaria de Ghania Hammadou, publié aux éditions Barzakh, plonge le lecteur dans les ruelles d'Alger pendant la décennie noire (1991-2002). Ce récit, qui vient de paraître, offre une perspective inédite sur cette période tragique de l'histoire algérienne, en se concentrant sur le quotidien d'une femme du peuple, Houaria, plutôt que sur les grands événements politiques.
Une plongée dans l'Alger des années 1990
L'auteure, Ghania Hammadou, journaliste et écrivaine algérienne, a choisi de raconter cette période à travers les yeux de Houaria, une femme analphabète qui vit dans un quartier populaire d'Alger. Le roman dépeint avec minutie la vie de cette femme, ses luttes quotidiennes pour survivre, ses relations avec ses voisins, et la peur constante qui règne dans la ville. Hammadou s'appuie sur des témoignages réels et des faits historiques pour donner une authenticité au récit.
Un témoignage sur la violence et la résilience
Le livre aborde sans détour la violence qui a marqué cette époque : attentats, enlèvements, assassinats. Mais il met aussi en lumière la résilience des Algérois, leur solidarité et leur capacité à maintenir une vie normale malgré tout. Houaria incarne cette résistance silencieuse. Selon l'éditeur, le roman se veut « un hommage à toutes les femmes qui ont tenu le pays debout pendant ces années noires ».
Une écriture sobre et poignante
Ghania Hammadou adopte un style sobre et direct, évitant tout misérabilisme. Elle décrit les scènes du quotidien avec une précision qui rend le récit d'autant plus saisissant. Le lecteur suit Houaria dans ses allées et venues dans les ruelles étroites de la Casbah, ses courses au marché, ses discussions avec les autres femmes du quartier. Ces moments d'apparence banale contrastent avec la violence qui peut éclater à tout moment, créant une tension narrative permanente.
Un roman nécessaire pour la mémoire
La décennie noire reste un sujet sensible en Algérie, souvent occulté dans le discours public. Houaria contribue à la mémoire collective en donnant la parole à ceux qui ont vécu cette période de l'intérieur, loin des analyses politiques. Le roman a été salué par la critique algérienne, qui y voit « un texte essentiel pour comprendre les cicatrices laissées par cette guerre civile ».
Ghania Hammadou, connue pour son engagement journalistique, signe ici son premier roman. Elle a déjà publié des essais et des recueils de nouvelles. Avec Houaria, elle confirme son talent de conteuse et sa volonté de témoigner de l'histoire récente de son pays.
Le livre est disponible en librairie depuis le 5 octobre. Il a été présenté au Salon international du livre d'Alger, où il a rencontré un vif succès. Les lecteurs y voient un moyen de se réapproprier une mémoire souvent douloureuse, mais nécessaire.



