L'Iran ciblé par de nouvelles frappes américaines massives avec des bombes GBU-72
Nouvelles frappes américaines en Iran avec bombes GBU-72

L'Iran sous le feu des bombardements américains massifs

L'Iran a essuyé ces dernières heures de nouvelles salves de bombardements intensifs de la part des forces américaines. Dans la nuit de mardi à mercredi, le Commandement central des États-Unis au Moyen-Orient a confirmé sur les réseaux sociaux que « les forces américaines ont utilisé avec succès plusieurs munitions à pénétration profonde de 5.000 livres [2.270 kg] contre des sites de missiles iraniens renforcés ». Ces cibles étaient situées le long des côtes iraniennes, à proximité immédiate du détroit d'Ormuz, un point de passage maritime stratégique.

Une opération pour sécuriser le détroit d'Ormuz

L'objectif militaire de ces frappes était clairement défini par l'US Central Command : détruire les capacités antinavires iraniennes déployées le long des côtes. « Les missiles de croisière antinavires iraniens déployés sur ces sites représentaient une menace pour la navigation internationale dans le détroit », a précisé le commandement américain. Cette opération vise à rétablir la sécurité dans le détroit d'Ormuz, actuellement presque entièrement fermé à la navigation commerciale et militaire.

La GBU-72 : une bombe de nouvelle génération

Pour cette mission particulière, l'armée américaine a déployé des bombes GBU-72 Advanced 5K Penetrator, marquant une évolution significative par rapport aux munitions précédemment utilisées comme les GBU-31 de 900 kg. La particularité de la GBU-72 ne réside pas seulement dans son poids imposant mais surtout dans ses capacités techniques avancées.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

« La GBU-72 a été développée pour neutraliser les cibles fortifiées et profondément enfouies, et est conçue pour les avions de chasse et les bombardiers », expliquait l'US Air Force en 2021 à l'issue des essais de cette arme. L'armée américaine affirme que la létalité de cette bombe est nettement supérieure à celle d'armes similaires plus anciennes comme la GBU-28, une bombe guidée antibunker de 2.268 kg.

Selon les analyses techniques, la GBU-28 serait capable de pénétrer plus de 45 mètres de terre et au moins 4,5 mètres de béton armé. Les capacités de la GBU-72 sont donc censées être encore supérieures, avec de nouvelles technologies de guidage qui lui apportent une précision accrue par rapport au guidage laser traditionnel. Ces améliorations permettent à l'US Air Force de mener ce type de frappes précises dans toutes les conditions météorologiques.

Les bombardiers stratégiques américains en action

Pour pilonner les positions iraniennes, les États-Unis mobilisent leurs trois principaux bombardiers stratégiques :

  • Le B-1B Lancer
  • Le B-2A Spirit
  • Le B-52H Stratofortress

Ces appareils sont stationnés sur des bases stratégiquement positionnées. Les B-2 opèrent depuis la base américaine de Diego Garcia, située sur un territoire britannique dans l'océan Indien. Les B-1 et B-52, quant à eux, décollent de la base de la Royal Air Force à Fairford, dans le sud de l'Angleterre.

Le gouvernement britannique a officiellement approuvé l'utilisation de cette base pour des frappes « défensives » contre des sites militaires iraniens, tout en refusant de s'impliquer plus largement dans le conflit régional. Sur la base de Fairford, la 501e escadre de soutien au combat de l'US Air Force gère et appuie les opérations quotidiennes.

Une concentration militaire impressionnante

La présence massive d'avions de guerre sur ces bases britanniques a créé un phénomène d'attraction notable. Des centaines de curieux, qu'ils soient spécialistes de l'aviation militaire ou simples observateurs, se rassemblent quotidiennement pour assister aux décollages et atterrissages des bombardiers.

« Le B-1 est quasiment la chose la plus bruyante sur terre », a témoigné Adrian, un passionné d'avions militaires, après avoir assisté à un décollage du bombardier. « Je n'ai jamais rien entendu d'aussi fort, même quand on est habitué aux avions de chasse. »

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

Cette excitation populaire est cependant tempérée par la conscience de la gravité de la situation au Moyen-Orient. L'US Air Force montre ostensiblement au public les munitions qu'elle charge dans ses avions bombardiers avant leur décollage vers l'Iran, qu'il s'agisse de bombes ou de missiles de différentes catégories.

Le coût exorbitant de la campagne aérienne

Une étude approfondie du Foreign Policy Research Institute (FPRI) a analysé l'intensité de cette campagne aérienne baptisée « Epic Fury ». Au cours des 96 premières heures du conflit, les États-Unis et Israël ont utilisé quelque 5.197 munitions de 35 types différents, dont 532 bombes GBU-31, GBU-32 et GBU-38.

Cette concentration de frappes fait d'Epic Fury « la campagne aérienne d'ouverture la plus intensive de l'histoire moderne, surpassant largement les trois premiers jours de l'intervention en Libye », selon le FPRI. La facture de ces quatre premiers jours de conflit est estimée à environ 20 milliards de dollars, en prenant en compte les munitions utilisées et les pertes subies, notamment un radar d'alerte précoce au Qatar et trois avions de chasse F-15E Strike Eagle.

La question cruciale des stocks militaires

L'utilisation effrénée de ces armements sophistiqués pose avec acuité la question de leur disponibilité à moyen et long terme. L'étude du FPRI note que parmi les 35 types de munitions utilisés, 21 possèdent des stocks importants et des chaînes de production bien établies.

C'est notamment le cas des bombes GBU-31, 32 et 38, dont les stocks permettraient aux États-Unis de poursuivre la guerre au même rythme durant environ 865 jours. Cependant, le véritable défi stratégique se concentre sur 14 systèmes d'armes actuellement mis à rude épreuve.

« Les stocks américains de missiles balistiques ATACMS et PrSM [Precision Strike Missile] ont diminué d'un tiers, la production des ATACMS étant désormais à l'arrêt », détaille l'Institut. « Les intercepteurs THAAD des pays partenaires, les plus faibles en nombre, ont également été épuisés, de plus d'un tiers. »

La situation est particulièrement critique pour certaines armes spécialisées. Huit bombes GBU-57 Massive Ordnance Penetrator (une bombe de 13.600 kg capable de pénétrer jusqu'à 61 mètres de profondeur) ont été utilisées, soit près d'un quart des stocks restants. Ces bombes ne peuvent être délivrées que par la flotte de 20 bombardiers B-2 Spirit, et leur réapprovisionnement n'est pas prévu avant 2028.

Les limites de l'industrie de défense

La capacité de réapprovisionner ces stocks stratégiques « ne s'active pas d'un claquement de doigts », souligne le FPRI. « C'est une longue chaîne qui commence par l'accès aux minéraux, aux ressources énergétiques et aux sous-traitants, et se termine par des chaînes de production complexes. »

En conclusion, si « la coalition peut continuer à frapper car les ressources sont abondantes en bombes » de types courants, « la contrainte stratégique réside dans les intercepteurs qui assurent la sécurité des bases, et les armes à longue portée qui menacent les lanceurs ennemis ». Le facteur décisif de la guerre moderne réside donc moins dans la capacité de frappe immédiate que dans la capacité de rechargement de l'industrie de défense à moyen terme.