L’ancien chef militaire des Serbes de Bosnie, Ratko Mladic, est mort jeudi à l’âge de 84 ans en détention à La Haye, a annoncé la télévision publique serbe (RTS). Condamné à perpétuité par la justice internationale pour le génocide de Srebrenica en 1995, il purgeait sa peine dans une unité de détention des Nations unies aux Pays-Bas. Son décès survient quelques jours après le rejet définitif de sa demande de transfert médical vers un hôpital militaire de Belgrade.
Une fin de vie marquée par la maladie et les recours
Ratko Mladic, gravement malade depuis des mois, est décédé après que le Mécanisme résiduel pour les tribunaux pénaux de l’ONU a rejeté, pour la dernière fois, la demande de sa famille et du gouvernement serbe de le transférer dans un hôpital militaire de Belgrade pour y être soigné. La RTS a confirmé son décès sur son site, précisant qu’il était l’ancien commandant de l’Armée de la Republika Srpska.
La semaine dernière, son fils Darko Mladic, après avoir rendu visite à son père à La Haye, avait dénoncé ce qu’il a qualifié d’« assassinat silencieux de mon père ». Il avait affirmé que les médecins du centre pénitentiaire avaient « entièrement arrêté les soins ».
Un parcours criminel jugé par la justice internationale
Ce général dirigeait les forces serbes de Bosnie pendant la guerre intercommunautaire de 1992 à 1995. En 2017, il a été condamné à la perpétuité par le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l’humanité pendant la guerre de Bosnie, qui a fait près de 100 000 morts. Le verdict a été confirmé en appel en 2021.
Parmi ces crimes figure notamment le massacre d’environ 8 000 hommes et adolescents bosniaques commis en juillet 1995 dans la région de Srebrenica (est). Ratko Mladic avait été arrêté en 2011 en Serbie, après seize ans de cavale.
Une figure toujours controversée
Malgré sa condamnation, Mladic reste glorifié par certains dirigeants politiques serbes et des Serbes de Bosnie. Son décès intervient alors que la justice internationale venait d’enfermer la porte à son transfert médical à Belgrade, une décision qui avait suscité des réactions contrastées dans la région.



